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Chez Jeannette Fleurs

Le blog culturel de Liliane Langellier

21/23 Mai 1871. La Commune de Paris selon l'historienne Mathilde Larrère...

Demain les gens de la police
Refleuriront sur le trottoir,
Fiers de leurs états de service
Et le pistolet en sautoir.
Sans pain, sans travail et sans armes,
Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes,
Des sabre-peuple et des curés.
Jean-Baptiste Clément. La semaine sanglante.

Parole à l'historienne Mathilde Larrère sur Twitter...

 

1) L’armée de Versailles était sous le commandement de Mac Mahon. Mi mai elle comptait 120 000 hommes La majorité des soldats qui la composaient étaient très jeunes, inexpérimentés.

 

2) L’armée avait été épurée de tous les suspects de sympathie pour la Commune, ou qui juste refusaient de participer à une guerre civile Les soldats avaient été soumis à une intense propagande contre la Commune que l’on présentait comme un déchainement sauvage menaçant la société.

 

3) La Commune peut, elle, aligner autour de 50 000 hommes, plus ou moins bien entrainés et armés. (plutôt moins que plus semble t-il…)

 

4) Le 21 mai, l’armée versaillaise stationnait donc au pied des fortifications parisiennes. Mais un piqueur des Arts et métiers leur ouvre la porte du bastion 64 près de la porte de Saint Cloud... Traitre infâme…. Les loups sont entrés dans Paris….

 

5) L’armée occupe rapidement le terrain jusqu’à la ligne de la petite ceinture. Elle fouille les maisons, fusille les premiers gardes nationaux qu’elle croise.

7) Le Conseil de la commune commet alors une erreur stratégique en n’envoyant pas de troupe contre cette intrusion… ça c’était vraiment très con...

8) Les Versaillais avancent donc ce 21 mai sans grande opposition dans l’ouest parisien, des arrondissements plus bourgeois, peu communeux.

9) Le matin du 22 mai 1871, le sinistre tocsin sonne à l’aube…

10) Partout dans Paris, une affiche de Charles Delescluze, délégué à La Guerre appelle à la prise d’arme. La proclamation ne produit pas l’effet escompté… Malheureusement aucun grand soulèvement de masse.

11) Elle a surtout pour effet négatif de désorganiser totalement la défense militaire de la ville et de permettre de nombreuses désertions. De nombreux officiers de la garde profitent de la déclaration pour disparaître, abandonnant leurs hommes…

12) Sans doute eut-il eu mieux fallu occuper les hauteurs, se servir des canons, organiser la défense. Mais les derniers fidèles se replièrent, chacun sur son quartier pour le défendre, abandonnant toute lutte coordonnée, sans doute plus efficace…

13) (sans dec la stratégie est tellement naze qu’on dirait les dernière bataille de GoT, sauf que là y'a pas Arya pour planter le roi des marcheurs blancs au moment décisif)

14) Quelques 10 000 Parisiens et Parisiennes commencent à construire ou renforcer les barricades Environ 900 barricades sont érigées. La plus impressionnante fermait la rue de Castiglione. on l'appelait le Château Gaillard;

 

15) Rue Blanche, l’une semble avoir été construite (classique) et surtout défendue par des femmes (les historien-ne-s ne sont pas sur-es de la localisation, en revanche la présence, et le courage des femmes aux barricades de la semaine sanglante est attesté)...

 

16) L’armée n’attaqua pas frontalement ces barricades, préférant les canonner à distance. Depuis 1848 l’armée avait perfectionné la « guerre des rues » et savait désormais réduire les barricades….

17) Les attaquants s’infiltraient aussi par les ruelles, les cours, les maisons pour prendre à revers les barricades, tirer depuis les fenêtres.

18) La barricade, symbole en 1830 du triomphe du peuple en arme, était désormais emblématique de sa vulnérabilité et sa défaite.

Pour en savoir plus sur les barricades au IXXe siècle...

 

 

19) En fin de journée les Versaillais occupent les 15e et 16e arrondissement, l'Élysée, la gare Saint-Lazare, l'École militaire. Les communard-es arrêtés sont systématiquement fusillé-es.

20) Le 23 mai 1871, inexorablement, les troupes versaillaises progressent dans Paris...

21) La Commune placarde, à l'attention des soldats versaillais, des appels à la fraternisation. En vain. Les soldats ont été bien préparés. Et on les remplace dès qu’ils flanchent.

 

22) Les Batignolles, la place de Clichy et la butte Montmartre tombent ce 23 mai La maitrise de la butte est hautement symbolique pour les Versaillais puisque c’est là qu’a commencé l’insurrection le 18 mars...

24) Hugo, l’un des rares écrivains français à ne pas se dresser contre la Commune (sans pour autant la soutenir) mais qui condamnait la répression :

25) La résistance persiste à la Butte-aux-Cailles (avec Walery Wroblewski, un ouvrier polonais réfugié à Paris. Il parviendra à échapper à la répression et se réfugiera à Londres)

 

26) La rue Vavin ou le carrefour de la Croix-Rouge où s’illustrent Eugène Varlin et Maxime Lisbonne tombent après une résistance acharnée.

27) Dans la journée, les Versaillais occupent l'Opéra, le faubourg Montmartre et la Concorde Ils atteignent l'Observatoire et procèdent à des exécutions massives à Montmartre, au parc Monceau et à la Madeleine.

 

28) Le 23 mai au soir, Paris est en flamme.

29) Les Versaillais en sont d’abord responsables, car ils ont canonnés les quartiers insurgés avec des bombes incendiaires.

 

30) Puis les insurgés ont incendié les abords des barricades pour empêcher les attaquants de les contourner.

31) Au soir du 23, des communards incendient pour faire table rase avant d’être massacrés tout ce qui évoque l’ordre ancien, celui qu’ils et qu'elles voulaient mettre à bas.

 

32) Aucune décision concertée en la matière, aucune décision prise au sommet que des actes isolés.

 
33) Les Tuileries, la cour des Comptes, le Conseil d’État, le palais de la légion d’honneur sont la proie des flammes dans la nuit du 23.
 

34) Les incendies fournirent un prétexte aux Versaillais pour de plus amples massacres. Après la commune, ses opposants n’eurent de cesse d’utiliser les incendies pour la flétrir, la noircir, la dénoncer.

35) On inventa le mythe de la pétroleuse (ce alors qu’aucune femme ne fut inculpée pour avoir allumé un incendie pendant la Commune) Le mythe de la pétroleuse concentre la haine de classe et la haine sexiste des Versaillais triomphants...

 

38) Le 24 mai, les Versaillais continuent de progresser… La gare du Nord et celle de l’Est sont enlevées dans la journée La place Vendôme, le Palais Royal, les Tuileries (en flammes) et le Louvre sont aux mains de la troupe.

39) Rive gauche, l’armée se concentre sur la prise du Panthéon. Les communards en avaient fait leur dépôt d’arme. Le drapeau rouge flottait à son sommet.

40) Les combats sont acharnés rue Soufflot Les défenseurs de la barricade, arrêtés, désarmés, sont exécutés rue Saint Jacques.

41) Le soir l’armée est à l’Hôtel de Ville que le Conseil de la Commune a abandonné dans la journée et qui est en proie aux flammes.

 

42) Devant l’ampleur des massacres perpétués par les Versaillais, les communards fusillent des otages La Commune avait en effet arrêté plusieurs représentants de l’ordre ou des ecclésiastiques.

43) Elle avait un temps essayé de les échanger contre des communards faits prisonniers, ou contre Blanqui. Ce que Versailles avait refusé.

44) En avril, le décret des otages (menaçant d’exécuter des otages si Versailles fusillait des prisonniers) avait été voté. Mais non appliquée alors Elle avait aussi profondément divisée les Communards, nombreux s’y opposant.

 

45) D’ailleurs, qq jours après le décret des otages, des gardes nationaux du 11e arrondissement avait brulé une guillotine place Voltaire pour signifier leur refus de la peine de mort.
 

46) En revanche, la propagande Versaillaise s’était abondamment servi de ce décret pour peindre la Commune sous les jours les plus noirs.

47) Mais dans la Semaine sanglante, quand le pavé parisien se couvrait du sang des communards, 6 otages sont fusillés ; l’archevêque de Paris est l’un deux, ainsi que le président de la Cour de Cassation. (cette image est un photomontage d'Appert)

 

à lire le livre pionnier et passionnant, qui vient d'être réédité d'Edith Thomas, justement nommé, "Les "Pétroleuses""
 

36) On fit des incendiaires les figures emblématiques d’un monde ouvrier alors honni, présenté comme monstrueux et barbare, Néron des faubourg à lire cet excellent livre d'Eric Fournier...

en BD Tardi Cœur rouge

 

 

 

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