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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte de la boutique et prenez votre dose de culture quotidienne. Chaudonnaise d'âme.

Jean-Claude Mallet. L'été 44 à Boutigny.

Boutigny et l'ASPIC (Association de Sauvegarde du Patrimoine d'Intérêt Communal) ont toujours été très dynamiques.

Il y avait un raout de tous les diables pour le cinquantenaire du débarquement en Normandie.

Ce dimanche 5 juin 1994.

Veille des grandes célébrations prévues sur les plages normandes.

Berlioz et Niclot s'étaient débrouillés pour me faire inviter.

Il y avait là des officiels anglais et des officiels américains.

Jack Martin lui-même était présent.

Mais oui, c'était le Britannique rescapé de la destruction de son bombardier au-dessus de la commune.

Ce jour-là, j'ai fait la connaissance de Jean-Claude Mallet.

Le président de l'ASPIC.

Une année plus tard...

Jean-Claude Mallet sortait son livre "L'été 44 à Boutigny".

 

Voici mon article dans La République du Centre du 16 août 1995.

"L'été 44 à Boutigny"

Jean-Claude Mallet fait revivre par la plume la libération de la région de Boutigny.

Jamais été à Boutigny ne vit moisson si tardive. La paysannerie beauceronne obéissait à la voix de la BBC : "Evitez d'alimenter les villes allemandes !" Par la grâce de la plume de Jean-Claude Mallet, Boutigny et ses nombreux hameaux revivent l'été de leur libération. Un été pas comme les autres. Où l'on discute sec au café-garage Marcellin dont le patron "Ensomme", titi parisien consommé, grand connaisseur d'hommes et d'avions, sert ses anecdotes entre deux grenadines et un "Sénéclauze"

La vie quotidienne côtoie la mort. Les travaux des champs côtoient les travaux de construction d'u terrain d'aviation pour Messerschmitt usés. 

C'est dans la nuit du 2 juin que pour Boutigny tout a commencé. Avec la chute d'un Halifax, dont le radio Jack Martin va réussir à s'extraire malgré la force du vent et les restes des vapeurs d'alcool. Martin n'a pas l'intention de mourir le jour de ses 20 ans. Un anniversaire qu'il vient de copieusement arroser. Un anniversaire qui se termine dans les blés de France. Et qui se termine bien. Car il y a Pierre. Réfractaire STO. Résistant discret. Car il y a l'insondable capitaine Dybowski, polonais caché au château de Thionville. 

Moins heureuse se ra la journée du dimanche 9 juillet. Où, pour se rendre à la messe, Mme Lahaye et Mme Moriceau ont bien imprudemment emprunté une camionnette 202 Peugeot bâchée et verdâtre. Les avions américains ne plaisantent pas avec cette couleur-là. Et c'est le massacre. Aucun habitant ne se révoltera de cette erreur de l'armée alliée. Après tout, la radio libre le répétait inlassablement : "Ne sortez pas, restez chez vous et surtout le dimanche, pas de voitures sur les routes." 

Boutigny sera libéré le jeudi 17 août. Après une bataille en règle. Six Panzer Tigres viennent prendre position au village tandis qu'une douzaine de Sherman s'incrustent au nord de La Musse. Les échanges ne sont guère amicaux. "Si la moitié de Boutigny n'a pas été rasée, assène Jean-Claude Mallet, c'est que le plafond était trop bas pour que l'aviation alliée intervienne." 

Son récit "L'été 44 à Boutigny" se lit comme un roman. Son principal personnage, Luc, s'y promène à travers une page d'histoire. Et le lecteur le suit. Sans un instant d'ennui.

 

Liliane Langellier

 

 

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