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Chez Jeannette Fleurs

Le blog culturel de Liliane Langellier

Emile de Massa. Un Monsieur Vipère à Nogent-le-Roi...

Oui, vous lisez bien...

Il y avait un "Monsieur Vipère" à Nogent-le-Roi !

Emile de Massa !

Il était Radiesthésiste-Magnétiseur.

Et il composait des crèmes de beauté pour les dames à base de thériaque de vipères 

#vomir

Les Nogentais se souviennent :

Jean-Maurice Ranvier : "C'était Milo la vipère, au Chemin Neuf. C'était en 1960. Il avait une traction noire"...

"Il allait souvent au café chez Georgette (Place Lavigne). Il y avait un vivarium dans le coffre de sa voiture..."

Paule Delassau aussi : " Il me disait qu'il y avait des serpents dans son chapeau et dans ses poches. C'est à cause de lui si j'ai si peur des serpents aujourd'hui. Il me disait qu'il en avait mis autour des murs du château. Quelle horreur. Il venait souvent chez mes parents pour apporter de la pommade et moi, je me sauvais."

Nicole Venard : "Je revois bien l'image de cet homme présent le jour de marché de Nogent tout près de la pompe à eau..."

Philippe Cauchois : "Il n'était pas si effrayant.."

Michèle Baudu (née Maréchal) : "Il était aussi très souvent au restaurant de M. Marechal. Il était impressionnant. Il vendait du baume pour soulager les douleurs."

Gabrielle Penelle Prabonnaud : "Tous les midis, il mangeait chez Dasvin (actuelle Brasserie de l'Etoile)".

Thierry Dessau : "Il allait souvent du côté de la ligne de chemin de fer... Au-dessus du stade pour aller chercher des vipères, car il y avait beaucoup de lézards. Ce Monsieur à la barbe blanche manipulait les vipères comme si c'était du plastique. Incroyable !"

Claudine Sanches : "Je me souviens, il avait comme un bureau à la place du nouveau magasin de Céline. Il faisait la déclaration d'impôts de mes parents."

"C'était comme cela avant. Une ouverture avait été faite à l'endroit de la pancarte de publicité. Il y avait des marches. Je me souviens très bien."

Aline Groulez se souvient aussi : "Je l'ai vu, lors d'une Saint-Jean à Lormaye, Place du Pilori, avec ses bocaux remplis de vipères. Il en mettait une autour du pouce d'une personne de l'assemblée qui le voulait bien. pour moi, enfant, c'était impressionnant !"

Roger Tempête (auteur d'un remarquable blog sur Coulombs : Coulombs, mon village) :

"Je l'ai connu mais de Massa n'est pas son vrai nom, il s'appelait Massabuau. Vous noterez que sur sa carte, il est inscrit au RCS de Roanne. Si vous allez sur Infogreffe, vous trouverez un Massabuau (toujours) inscrit au RCS de Saint-Brieuc en 1971 comme marchand de marché avec une adresse à Lantic. Il existe aussi une fiche Geneanet d'un Emile Massabuau né à Saint-Geniez (Aveyron) en 1901 et mort à Saint-Brieuc en 1976."

 

Il a fini ses jours en Bretagne, à Lantic. Dans les Côtes d'Armor.

"Le marchand de graisse de serpents (Emile de Massa, "guérisseur et ses vipères") exhibant ses reptiles en bocaux ou vivants et louvoyant sur les chignons ou les décolletés des dames..."

in petit film en bas de la page.

 

"Au début du XXe siècle, et dans les siècles précédents, une grande partie de la population n’a pas encore accès aux soins pour des raisons pécuniaires mais aussi culturelles : les médecins n’appartiennent pas à la communauté rurale, ils habitent en ville et ne parlent pas breton ou gallo d’où le recours à d’autres pratiques médicinales : rebouteux, guérisseurs, saints bretons aux pouvoirs thaumaturges…

Les croyances populaires n’ont plus autant d’importance aujourd’hui. La pénétration culturelle de la médecine a fait évolué les pratiques médicinales qui perdurent encore, comme un trait d’union entre l’affectif et le culturel, le symbolique et le physique, le végétal et le mental…"

Emile de Massa est l'un d'entre eux...

Je n'ai pas trouvé traces de lui dans les archives de Chartres.

Mais les recensements vont jusqu'à 1946 et les listes électorales jusqu'en 1959.

 

"Guérisseur, magnétiseur, chasseur de vipères, Emile de Massa était installé à Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic.

Il vendait son onguent sur les marchés des Côtes d’Armor et du Finistère et il avait l’habitude de venir à Tréguidel, où il tenait boutique au café  tenu à l’époque par Lucien Ballouard.

Il est décédé en 1976, emportant avec lui la formule de son remède contre les morsures de vipères."

in Tréguidel entre nous.

 

LA VIPÈRE ET LES CROYANCES POPULAIRES
 

Dans notre civilisation occidentale, les reptiles sont les plus mal-aimés contrairement aux autres civilisations où ils sont vénérés.

Chez les Grecs, le serpent symbolisait la sagesse et la longévité. On élevait des serpents dans les maisons pour chasser les rats et les souris. En échange de leurs bienfaits, on leur offrait du lait alors qu’ils n’en boivent pas !

Chez les Romains, on retrouve le même culte des serpents, mais Asclépios (dieu de la médecine en grec – le serpent Asclépios s’enroulant autour d’un bâton, caducée des médecins), est devenu Esculape (en latin).
On élevait des serpents dans les maisons, on les transportait partout dans des poteries, et en cas de maladie, on interrogeait les serpents pour connaître les remèdes, d’où le nom de la Couleuvre d’Esculape.

Chez les Celtes, le serpent était un auxiliaire du dieu Cernunos. C’était le symbole de la fertilité et de la régénération, en liaison avec le monde souterrain et le Printemps, sans doute à cause de son hibernation et de ses mues spectaculaires.

 

La Vipérine

Les couleuvres sont appelées “naer-vro” et les vipères “naer-wiber”en breton.  En gallo, “caleuvr” et “vlin” (déformation de venin) ce qui désigne à peu près tous les reptiles.
L’un des remèdes les plus anciens est la Thériaque d’Andromacus, médecin de l’empereur Néron, au 1er siècle avant J.-C. Cette véritable potion magique à base de Vipère, qui a subi des quantités de variantes à travers les âges, était une panacée universelle contre tous les maux et entre autres contre les morsures de vipères. Surnommée également vipérine, elle n’a jamais fait ses preuves et pourtant elle n’a été supprimée du codex des médecins français qu’en 1908.
Des bouteilles d’alcool à 50°, dans lesquelles on a introduit une vipère vivante (ce qui est interdit depuis 1979) qui y a craché son venin, circulent encore sous le manteau en Bretagne chez certains guérisseurs.

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Michel Le Maout 14/04/2021 15:21

Je suis natif de St Brieuc et j'ai vu ce monsieur lorsque j'étais gamin. Il installait son étal sur le marché place de la Grille, à l'ombre de la cathédrale St Etienne. J'avais alors entre 2 et 7 ans entre 1964 et 1969. J'étais à la fois effrayé par le spectacle et fasciné par cet homme au physique et au regard bienveillant de Père Noël qui pourtant manipulait ses vipères dont certaines s'enroulaient dans les méandres de son étal parmi les pots d'onguents qu'il vendait. J'ai encore dans ma mémoire olfactive, l'odeur de camphre de ses pommades.

thierry boucher-thouveny 05/02/2021 00:58

Super article !!!

Liliane Langellier 05/02/2021 07:43

Merci Thiery. C'est grâce à toi puisque tu as posté la carte de de Massa hier matin. J'ai donc enquillé.