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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte de la boutique et prenez votre dose de culture quotidienne. Chaudonnaise d'âme.

Chaudon 1989. Vol à l'arraché par des habitants des Chamards...

Le voleur qui ne se laisse pas surprendre, passe pour le plus honnête homme.
Proverbe turc.

On est le vendredi 22 septembre 1989.

Presque trois mois que je n'ai pas vu mes parents.

Et que j'ai vécu à Los Angeles...

Tout ça pour réussir à des examens de littérature américaine. Dans leur célèbre U.C.L.A.

Une formation offerte par L'Express.

Je quitte le journal tard et il fait déjà nuit quand j'arrive au village.

A côté de mon siège conducteur j'ai posé un joli sac à dos UPLA de toutes les couleurs.

J'y ai mis mes bijoux car, venant juste d'emménager dans le 14e arrondissement de Paris, et, connaissant mal mon nouvel entourage, je juge plus prudent de les déposer au coffre de ma mère.

Comme d'habitude...

Je gare ma Peugeot dans la rue de la Fontaine face à notre portail.

Et je vais sonner.

Pas de réponses.

La télévision doit encore être à fond.

Je file sonner chez notre voisin Luc Richer.

C'est son fils Thierry qui vient m'ouvrir.

Et ses premières paroles sont "Lily, tu es venue avec quelqu'un ?"

Le temps de me retourner... Et basta !

Un beau vol à l'arraché !

Aimé Garaud, le cantonnier du village, qui habite rue de la Fontaine, me fait signe, de sa fenêtre, que les voleurs sont partis dans la direction opposée.

Avec une grosse cylindrée noire.

Je ne réfléchis pas.

Je remonte dans ma voiture et je roule à tombeau ouvert vers la Place de la Croix et les bords de l'Eure.

Trop tard !

Au retour, tout le monde est sur le pas de sa porte.

Aimé accepte de venir avec moi à la gendarmerie.

Je suis folle de rage.

Avoir vécu trois mois dans la ville au plus haut taux de criminalité mondial et se faire tirer son sac à Chaudon !

Chaudon !

Les gendarmes sont très sympathiques.

D'autant plus que j'ai sorti ma carte de presse.

Je prends le temps de leur dessiner mes bijoux.

On a aussi volé ma carte bleue, mon chéquier, mes papiers d'identité, mes deux passeports, mon carnet d'adresses (précieux pour une journaliste !)

Le lendemain matin...

Appel d'une habitante de Charpont.

Qui, en se rendant au cimetière, a trouvé mon sac derrière une tombe.

Je file le récupérer.

Bien sûr, plus de bijoux, plus de carte bleue, et détail curieux, la couverture Cartier de mon carnet d'adresses enlevée.

Et à l'intérieur tous les codes d'accès aux immeubles de mes amis soigneusement découpés.

Le mardi suivant..

Appel de la gendarmerie.

Ils ont retrouvé mes voleurs : deux Arabes et une fille de ferme turque.

Qui habitent tous trois aux Chamards.

La voiture est au nom de la fille.

Elle est fille de ferme et elle peut s'offrir une grosse cylindrée (?), alors qu'avec mon salaire de journaliste je roule en Peugeot...

L'un des deux hommes, qui était déjà sous surveillance, a tenté de retirer de l'argent avec ma carte bleue à Dreux.

Ils récupèrent aussi la totalité de mes bijoux.

J'y tenais particulièrement car il y a de nombreux cadeaux de mon époux défunt.

La vie continue...

Sauf que...

Dès le mercredi soir, à l'heure du repas...

Appel téléphonique : "Bonjour, je voudrais parler à Ali?"

Réponse "Il n'y a pas d'Ali ici ?"

"Mais je suis bien chez Mme Langellier et vous habitez bien (fausse adresse)..."

Je réalise immédiatement que mes voleurs ont par-devers eux mon numéro de téléphone mais pas ma nouvelle adresse.

Mêmes appels plusieurs soirs de suite.

J'en fais part aux gendarmes nogentais.

Et puis...

Un soir où l'une de mes amies est à la maison rue du Château...

C'est elle qui décroche...

Même demande.

J'ai juste le temps de saisir le combiné avant qu'elle ne leur donne mon adresse.

Je suis rouge de colère.

"Bon alors, ça suffit ! Vous êtes les voyous des Chamards... Non seulement vous m'avez tiré mon sac mais maintenant vous voulez venir me tabasser à Paris ? Je préviens la gendarmerie..."

On raccroche.

Ils ne me rappelleront plus jamais.

Ce qui confirmera ce que je pensais.

La famille ou les amis de ces chenapans veulent venir à Paris me punir de ma plainte.

Mes trois voleurs ont été condamnés.

Et l'un d'entre eux, récidiviste, a même fait de la prison ferme.

Comme nombre de mes confrères...

Je suis membre de SOS Racisme.

Mais..

Là...

Comment voulez-vous que j'empêche une nouvelle flambée de racisme à Chaudon ?

 

Liliane Langellier

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