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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte de la boutique et prenez votre dose de culture quotidienne. Chaudonnaise d'âme.

19 décembre 1915. Naissance d'Edith Piaf. Elevée dans une maison close.

Il fait froid et gris et la façade devant laquelle nous nous tenons cachait autrefois un bordel. « Difficile d'imaginer la douceur de l'existence dans un pareil endroit », frissonne l'écrivaine Marie Murski, devant la maison de Bernay (Eure), qui abrita Edith Piaf entre 1917 à 1922. Et pourtant, au 7 rue Saint-Michel - le « Grand 7 » comme l'appelaient les « filles » -, La Môme semble avoir connu quelques-unes de ses plus belles années.

En 1917, Edith Piaf a deux ans. Elle est enlevée à sa mère et à la rue parisienne et passe au confort d'une maison en Normandie, la maison close de sa grand-mère. La fille d'un contorsionniste parti à la guerre et d'une chanteuse défaillante trouve auprès des habitantes des lieux l'affection et les soins qui lui manquèrent dans la capitale.

Et c'est une scène de joie entre ces femmes et Edith enfant qu'imagine l'écrivaine Marie Murski, dans une nouvelle. « C'est de la fiction mais avec des éléments du réel, puisés dans ses différentes biographies et aux archives départementales, explique-t-elle, en désignant la porte en bois décatie par laquelle les clients pouvaient entrer et sortir discrètement. Je raconte par exemple qu'on demandait parfois à la petite fille de chanter pour les messieurs de passage. »

 

Sauvée par sa grand-mère

Née sous X et elle-même haute « comme trois pommes », la Normande d'adoption s'est prise de passion pour l'existence bernayenne de la chanteuse française. Et ce en raison de points communs sur lesquels l'autrice lève très vite le voile : « Comme elle, je n'ai pas reçu d'amour de ma mère, qui m'a abandonnée puis récupérée mais ne voulait pas de moi ».

De même que « Didou » - le sobriquet donné à Edith Piaf dans la maisonnée - Marie Murski a elle aussi été sauvée par sa grand-mère. « Son amour pendant les quelques années où elle m'a recueillie m'a rendue forte pour le reste de ma vie. » Edith, elle, vit avec une grand-mère peu encline aux témoignages d'affection mais qui lui permet d'avoir un toit et d'être soignée d'une inflammation de la cornée.

Au 7, rue Saint-Michel, on attribuait d'ailleurs cette guérison aux prières à Sainte Thérèse de Lisieux plus qu'aux traitements des médecins. Mais de ses généreuses bienfaitrices – les prostituées de la maison- l'histoire ne retient pas grand-chose. Un médecin de passage pour des cas de syphilis a laissé aux archives certains de leurs noms mais guère plus, regrette l'écrivaine.

En 1922, à l'âge de 9 ans, Edith Piaf retournera vivre avec son père à Paris.

 

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