Lucien Arbaud. Coulombs. Un sculpteur pour l'éternité...

Publié le par Liliane Langellier

Lucien Arbaud nous a quittés....

Eliane n'a pas pu le réveiller...

Il était parti en lousdé sculpter ses merveilles au pays de Saint Pierre...

Nous lui rendrons un dernier hommage jeudi à 14 h 30. Dans l'église de Coulombs. Dont il s'est tant occupé.

Retour sur images.

Dans le numéro de L'Orée de décembre 2006.

"Un sculpteur pour le Mystère de la Nativité.

Passionné de sculpture sur bois, Lucien Arbaud, habitant de Coulombs, a fabriqué, au long des années, une crèche qui sera exposée dans l'église Saint-Chéron de Coulombs. Interview d'un autodidacte plein de talent.

Quand et comment avez-vous commencé la sculpture ?

J'ai commencé à sculpter au régiment, en 1952, tout à fait par hasard. Je n'avais jamais sculpté auparavant et je n'ai pris aucun cours de dessin ou de sculpture. Ma première oeuvre : Un toit avec des cigognes, avec pour matière première... des boîtes de camembert ! Ce n'est que plus tard que j'ai recommencé à sculpter. De retour à la vie civile, j'ai appris le métier de charcutier, et à chaque Noël j'ai décoré ma vitrine avec des figurines. Seulement la matière est encore plus originale : du saindoux. Imaginez des scènes de chasse à courre où le sanglier se met à fondre comme neige au soleil, à force de chaleur dans le magasin. Pour remédier à ce problème, j'ai choisi de travailler sur de la matière plus solide, de la stéarine (sorte de cire) puis du bois.

Comment vous est venue l'idée de faire une crèche ?

Un jour, je suis allé regarder de près la crèche en plâtre de Coulombs. Le petit Jésus, plus gros que Marie et Joseph, était en bien piteux état, je ne pouvais pas le laisser comme ça quand même ! Alors, j'ai commencé à en sculpter un nouveau. Après ce fut le tour de Marie et Joseph d'être remplacés par d'autres statues en matière plus noble... puis, celui de l'âne et du boeuf, puis de l'ange... Bref, année après année, j'ai fabriqué une nouvelle crèche toute en bois, qui compte 45 personnages : âne, boeuf, agneaux, moutons, bergers, ange, flûtier, rois mages (avec leurs dromadaires, bien sûr), de plus en plus de monde se précipite chaque année vers le nouveau-né de Bethléem.

Mais je ne vois pas votre atelier...

Mon atelier, c'est un plateau sur les genoux dans la cuisine, avec un couteau à la main !

Comment fait-on pour arriver, à partir d'un bois brut, à un résultat tel que l'un de vos personnages ?

D'abord, il faut prendre son temps et ne surtout pas se presser. Il faut imaginer les expressions, les mouvements... Ensuite, il faut choisir une essence de bois. J'ai utilisé plus d'une vingtaine d'essences différentes pour ma crèche. Ensuite, on dégrossit à la hache, puis au couteau. Et peu à peu le personnage prend forme. Mais il faut de la patience, beaucoup de patience.

Combien de temps pour une telle oeuvre ?

Au moins mille heures ! Sans compter le temps passé à attendre l'inspiration.

A propos d'inspiration, comment faites-vous pour la trouver ?

Je ne la trouve pas, je la demande. Avant de commencer une nouvelle pièce, je demande au Seigneur de m'aider. Jusque là, je n'ai pas eu à me plaindre de cette méthode, ça a plutôt marché.

 

Propos recueillis par Pierre Doat "

C'est la toute dernière fois que la crèche de Lucien a été exposée.

A Coulombs. Du 23 décembre 2006 au 14 janvier 2007. 

Deux personnages, deux bergers et leurs moutons, lui avaient été volés.

Et ça, Lucien Arbaud il ne s'en est jamais remis...

Alors plus de jolie crèche en bois pour les yeux émerveillés des enfants !

Mais sûre que Saint Pierre lui a déjà préparé son atelier.

Bon et grand voyage, Lucien !

Liliane Langellier

La crèche de Lucien Arbaud...

La crèche de Lucien Arbaud...

L'offrande du mouton...

L'offrande du mouton...

La grande nouvelle !

La grande nouvelle !

Publié dans L'espiègle Lili

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