L'affaire Grégory

Publié le par Liliane Langellier

"Seule la vérité peut affronter l'injustice.

La vérité, ou bien l'amour."

Albert Camus

Demain l’affaire Grégory sera de nouveau à la Une de tous les médias…

Muriel Bolle sera confrontée à la parole de son cousin, Patrick F. devant la présidente de la chambre de l’instruction de Dijon, Claire Barbier.

« Ce cousin, âgé de 21 ans au moment de la mort du petit Grégory s’était toujours tu. Pas une fois en 30 ans, il n’avait raconté ce qu’il avait vu et entendu ce jour de novembre 1984. Il a décidé de parler aux gendarmes après avoir vu un reportage sur BFMTV. »

In L’Est Républicain du 27 juillet 2017.

Enième rebondissement d’une trop célèbre affaire.

Retour sur un crime non élucidé…

Qui sont les Villemin ?

Deux ouvriers vosgiens.

Jean-Marie Villemin est né le 30 septembre 1958 à Aumontzey (Vosges).

Il est le troisième fils d’Albert et Monique Villemin.

Albert Villemin(1930), maçon de son métier, est très vite devenu ouvrier de filatures jusqu’à sa retraite.

Monique Jacob (1931) est également ouvrière en filatures.

Ils se marient en 1953.

Avant lui sont nés Jacky surnommé « le bâtard » (11.10.1953), Michel surnommé « l’illettré » (3.06.1955).

Jacky, l’aîné, n’est pas le fils d’Albert (ndlr détail important car le corbeau s’en servira beaucoup dans ses messages nauséabonds). Il épousera  Liliane Jacquel.

Michel est nerveusement fragile et très protégé par sa mère. Il épousera Ginette Lecomte.

Jean-Marie est le premier fils « sans problèmes ». Ce qu’on lui fera payer très cher…

Suivront une sœur Jacqueline (1959) qui épousera Bernard Noël puis deux frères :  Gilbert (1962) et un petit tardillon Lionel (1972).

Christine Blaise, elle, est née le 13 juillet 1960 à Petitmont (Meurthe-et-Moselle).

Elle est la 7ème enfant de Yvan Blaise et Gilberte Chatel.

Quand ils se connaissent, le 7 avril 1976 à Laveline-devant-Bruyères (Vosges), Jean-Marie a 17 ans et Christine, 15.

« J.-M. : « C’était le 7 avril 1976, à Lavelines-devant-Bruyères, à trois kilomètres de chez moi. J’avais dix-sept ans et toi quinze. J’étais en moto avec un ami. Je t’ai aperçue près du Pont Blanc qui est devenu ensuite notre lieu de rendez-vous. Tu étais brune, les cheveux longs. J’ai remarqué tout de suite ton sourire, les deux fossettes et les yeux noisettes.

C. : J’étais avec une fille qui connaissait ton ami. Elle vous a sifflés. Vous avez fait demi-tour. On a discuté un peu. Tu étais plutôt du style minet, comme on disait à l’époque : pantalons pattes d’éléphant, cheveux longs… »

In "Le seize octobre" des Villemin.

Ils se marient le 20 janvier 1979.

Leur premier fils Grégory est né le dimanche 24 août 1980 vers 22 h 50 à Saint-Dié-des-Vosges.

Gregory Villemin sera confié à une nourrice, ancienne voisine de HLM, Mme Christine Jacquot, demeurant à Lépanges-sur-Vologne

En février 1981, Jean-Marie devient contremaître chez Auto Coussin InDustrie (ACI), une usine de pièces automobiles de La Chapelle-devant-Bruyères.

Christine, elle, est ouvrière couturière à la MCI (Manufacture de Confection Vosgienne) de Lépanges-sur-Vologne.

Ils entrent dans leur nouvelle maison de Lépanges-sur-Vologne le 20 juin 1981.

Les corbeaux

En avril 1981, le corbeau commence ses appels téléphoniques chez Albert et Monique Villemin.

En juillet 1981, pose du téléphone chez Jean-Marie et Christine qui recevront 3 appels anonymes en août.

Après avoir reçu 27 appels anonymes rien que pour la journée du 30 novembre, le 1er décembre 1982, Albert Villemin porte plainte pour violences et voies de faits à la gendarmerie de Corcieux en vain.

La première lettre anonyme date du 4 mars 1983.

Elle sera suivie de deux autres lettres les 27 avril et 17 mai.

Le 17 mai 1983 à 12 h 45 : dernier appel du corbeau chez Albert et Monique Villemin.

Jacky en recevra un autre le 8 mars 1984. Le dernier avant celui qui revendiquera l’assassinat.

Le corbeau semble au courant de tous les faits et gestes d’Albert et Monique Villemin.

Albert et Monique habitent à Aumontzey. Sur les hauteurs, habitent également Michel et Ginette Villemin, Bernard Laroche et Marie-Ange, ainsi que Marcel Jacqueline Jacob.

« Sur un millier d’appels, 800 ont visé les grands parents qui tiennent un « registre du corbeau » où ils consignent toutes ses manifestations odieuses. Il prend souvent la défense du pauvre « bâtard » Jacky, « toujours mis de côté » qui a pourtant été reconnu par Albert, et parfois du marginal Michel, qui seraient tous deux maltraités. Il focalise sur le patriarche, important à l’usine textile qui a embauché trois de ses fils, et sur Jean-Marie, devenu cadre à la fabrique de pièces de voiture Autocoussin. »

Article de Patricia Tourancheau in Les Jours du 15 juin 2017.

Le corbeau croasse une dernière fois pour Jean-Marie, le 24 avril 1983, sur son téléphone professionnel car sa ligne personnelle a changé et il est désormais sur liste rouge.

Il menace alors de brûler le pavillon, ce à quoi Jean-Marie répond « Je m’en fous ». Il entend violer et tuer sa femme, ce à quoi Jean-Marie répond avec humour « J’ai de l’argent, je me trouverai une autre minette ! » et il annonce qu’il s’en prendra à Grégory : « Je m’en prendrai à ton mioche, ça te fera plus de mal… » Et là Jean-Marie, furieux, décoche : « Espèce de fumier, n’essaie pas de toucher au gamin ou t’es un homme mort ! »

L’élément déclenchant ?

Le dimanche 14 octobre 1984, Jean-Marie reçoit pour l’apéro son frère Michel et sa femme Ginette. Michel reluque avec envie le nouveau salon en cuir. Jean-Marie lui fait part de son intention d’agrandir la maison et montre les bouteilles qu’il a commandées pour sa cave.

Michel, qui bosse comme simple ouvrier à la filature, ne peut pas retenir un « Il faut être un chef pour se payer ça ! »

Dans les appels anonymes, est souvent entendue une petite musique sur cassette, ou fredonnée à la voix rauque, la chanson « Chef, un pti verre, on a soif ! »

Le mardi 16 octobre 1984

J’ai choisi de reprendre les termes du colonel de gendarmerie Etienne Sesmat (in Les deux affaires Grégory) pour l’emploi du temps très précis de Christine Villemin :

1/ Christine Villemin sort de l’usine à 16 h 50 et quitte le parking avec sa voiture à 16 h 52.

2/ Christine Villemin arrive à 16 h 55 chez la nourrice de Grégory, Christine Jacquot, et repart vers son domicile trois minutes plus tard.

3/Christine Villemin est aperçue à cent mètres de son domicile par Mme Grandidier, qui distingue Grégory à l’arrière de la voiture, puis par M. Nourdin et Bernard Colin.

4/ Christine Villemin arrive à son domicile vers 17 h 00. Elle laisse Grégory jouer dehors après lui avoir mis son bonnet et donné une pomme pour son goûter.

5/ Bernard Colin passe avec son chien devant la maison Villemin vers 17 h 05. Il ne voit pas Grégory – qui est peut-être dans le garage ou joue sur le côté de la maison – et ne remarque pas de voiture dans le garage.

6/ Christine sort de sa maison vers 17 h 20 mais ne voit pas Grégory. Après l’avoir cherché autour de sa maison, elle interroge dans un premier temps un voisin M. Méline, puis Mme Claudon qui est en train de clôturer avec des cordes les accès aux maisons qui longent le parc où elle laisse son troupeau de vaches en pâture. Aucun des deux n’a aperçu l’enfant.

7/ La route est barrée entre 17 h 15 et 17 h 20 par la Golf de Claude Collin afin d’empêcher le bétail de fuir vers le village pendant le trajet qui mène à la ferme. Christine doit donc attendre que le troupeau soit passé pour pouvoir sortir de chez elle.

8/ Christine se rend d’abord chez la nourrice de Grégory, pendant que son fils a pu descendre tout seul chez elle.

9/ Christine cherche Grégory dans le village, en vain, puis décide de remonter chez elle par un autre chemin.

10/ Christine est bloquée vers 17 h 30 par les vaches de Mme Claudon qui arrivent du par cet rentrent à l’étable. Le bus du fils Claudon arrive au même moment et s’arrête derrière sa voiture. Il est précisément 17 h 32 (contrôlographe du bus). Au même moment Michel Villemin reçoit l’appel du corbeau qui revendique le crime de Grégory.

En page 39 :

« Les gendarmes de la brigade de Bruyères sont rapidement prévenus. Dès 17 h 40, en effet, ils reçoivent un coup de téléphone de Monique Villemin qui leur explique sommairement les faits. (…) Les gendarmes Michel Henry et Cunin se rendent aussitôt sur place pour obtenir davantage d’informations. Quelques minutes plus tard, la mère de l’enfant disparu, Christine Villemin appelle à son tour les gendarmes. Désespérée, elle a cherché son fils en vain pendant une demi-heure autour de la maison et dans le village. Les recherches sont lancées. »

En page 41 :

« Sur le terrain, une patrouille poursuit ses investigations à Lépanges, une autre mène les recherches avec les pompiers dans la vallée, tandis que la BR enquête du côté de Granges sur les suspects désignés. La maison des Villemin et ses abords ont bien entendu été fouillés par les gendarmes Henry et Cunin dès leur arrivée sur place. Ils n’y ont rien trouvé ni rien remarqué d’anormal. »

« Vers 21 heures, un appel nous parvient sur le réseau radio : on a retrouvé l’enfant à Docelles… Mort. »

…..

17 Octobre : réception de la lettre revendiquant le crime.

Le procureur Jacques Lecomte confie l’enquête à la gendarmerie.

Le 17 octobre le juge Lambert est requis.

18 octobre : début des dictées : plus de 140 personnes écrivent la lettre de revendication.

20 octobre : Obsèques de Grégory.

Bernard Laroche et Murielle Bolle

« Marie-Ange (Laroche) est effectivement l’un des rares témoins à s’être spontanément adressé à nous pour être entendu, et dans des conditions un peu bizarres. En effet, le 19 octobre au matin, bien qu’elle dispose d’un téléphone à son domicile, Marie-Ange Laroche décide de se rendre dans un café pour appeler la brigade de Bruyères. Elle prétend n’avoir pas voulu réveiller son mari qui dort encore car il travaille de nuit. Elle annonce qu’elle a quelque chose d’important à dire sur l’affaire de Lépanges. Invitée à se rendre à la gendarmerie, elle nous rapporte des propos que lui auraient tenus Bernard Laroche et qui orienteraient les soupçons vers Jacky et Liliane, avant de nous confier ses doutes à l’égard des Hollard, les cousins éloignés. »

In « Sesmat, les deux affaires Grégory, page 71 ».

L’audition de Marie-Ange Laroche nous conduit cependant à entendre son mari Bernard, dont le nom ressortait déjà de diverses auditions de membres de la famille, qui soulignaient les relations étroites que Michel entretenait avec lui. »

Bernard Laroche, né le 23 mars 1955 à Epinal, est le fils de Thérèse Jacob , la sœur de Monique Villemin-Jacob et de Marcel Laroche.

Sa mère décède en le mettant au monde. Il est élevé par sa grand-mère Adeline Jacob en même temps que son cousin Jacky Villemin. Marié à Marie-Ange Bolle en 1976, il a un enfant Sébastien né en septembre 1980, dix jours après Gregory. Cet enfant a un kyste à la tête qui l’oblige à être régulièrement suivi.

Il est délégué du personnel CGT à la filature de tissage Ancel à Granges-sur-Vologne.

Il est nommé contremaître le 1er septembre 1984 après avoir postulé six ans à ce poste.

Bernard Laroche aime faire la fête. Il sort souvent en boîte avec Jacky et Michel. Alors que Jean-Marie est un père et un mari aimant qui ne se mêle pas de leurs sorties.

A son usine, Laroche est passé « de nuit » car il y a dans les équipes moins de femmes que de jour.  Il est surnommé « le chien » et a dragué toutes les femmes de la famille. Il en veut à Christine Villemin qu’il surnomme « la pimbêche » car elle na pas répondu à ses avances lors d’un mariage familial.

Bernard Laroche est très proche de Marcel Jacob.

Source Ouest-France du 17 juin 2017 :

"Marcel Jacob et son neveu Bernard Laroche n'avaient que neuf ans de différence d'âge. Ils entretenaient une relation quasi fraternelle. Ils avaient été élevés ensemble, la mère de Bernard était morte le jour de sa naissance. Les deux hommes cultivaient même une ressemblance physique, moustache et favoris, qui suscitait parfois la confusion. Au début de l'affaire Grégory, Marcel "s'était efforcé de dissimuler cette amitié", notaient les juges en 1993."

En 1982, quand Jean-Marie avait été nommé contremaître à l'usine Auto-Coussin, l'oncle l'avait apostrophé :"Je ne serre pas la main à un chef. Tu n'es qu'un rampant qui n'a pas de poils sur la poitrine." Et l'avait copieusement insulté."

Marcel et Jacqueline Jacob sont un couple des plus bizarres. Qui s’adonne à l’échangisme.

Source l'article du Figaro du 23 juin 2017 (Stéphane Durand-Souffland)

"Le Figaro a consulté la synthèse qui a relancé l'affaire...

(...) La synthèse s'attarde sur un épisode de la vie intime des Jacob. En 1990, Jacqueline avait quitté son mari pour R., rencontré lors de soirées échangistes entre couples. Elle était revenue, voulant imposer sans succès à Marcel un ménage à trois, puis repartie, puis revenue. R. déclare que Jacqueline lui avait confié qu'elle ne pouvait pas faire autrement. Déduction des gendarmes :Marcel a pu faire chanter Jacqueline : "Révéler sa participation voire l'instigation du crime serait peut-être un bon moyen pour la retenir."

Pour justifier son emploi du temps, Bernard Laroche cite sa cousine Louisette Jacob (qui n’a pas toute sa tête et qui a eu un enfant avec son père) et sa belle-sœur Murielle Bolle avec qui il dit avoir passé sa soirée…

Seule Murielle Bolle, âgée de 15 ans, peut donc attester de l’emploi du temps de Bernard.

In Wikipedia :

« Dans sa déclaration du 2 novembre 1984 faite aux gendarmes de Bruyères, Murielle Bolle, contrairement à ses premières déclarations des 31 octobre et 1er novembre 1984, dit qu'ils étaient « allés ensemble » et « accompagnés du jeune fils de Bernard Laroche, Sébastien, en voiture jusqu'à une maison de Lépanges-sur-Vologne », identifiée comme étant celle de Jean-Marie et Christine Villemin, devant laquelle Bernard Laroche aurait arrêté sa voiture. Là, il aurait fait monter à l'arrière, à côté de son fils Sébastien, un garçon du même âge, identifié comme étant Grégory, puis aurait redémarré pour aller jusqu'au village proche de Docelles, où il se serait arrêté au bord de la Vologne. Elle déclarait l'avoir vu « partir » avec Grégory puis « revenir seul » un peu plus tard. Ces graves déclarations sont réitérées en audition le 3 novembre 1984 devant le juge d'instruction d'Epinal Jean-Michel Lambert, qui lève aussitôt après la garde à vue de la jeune fille, sans l'isoler de son milieu familial. Il inculpe d’assassinat Bernard Laroche le 5 novembre 1984 dont le dossier ne contient pas encore le rapport d'autopsie ni les conclusions d'expertises graphologiques. Les médias font leur une avec « l'assassin Laroche » et filment son arrestation en direct.

Une ampoule et une seringue d'insuline ont été retrouvées le 9 novembre 1984 près du local des pompiers aux abords duquel le corps de Grégory aurait pu être jeté dans la Vologne, ce lieu étant également désigné par Murielle Bolle comme étant l’endroit où Bernard Laroche serait descendu de voiture avec Grégory (mais étant ultérieurement contesté comme lieu de la mise à l'eau). Ces éléments matériels peuvent suggérer l'utilisation de ce produit pour provoquer chez l'enfant un coma hypoglycémique avant de le jeter dans la rivière. »

(…)

Le lendemain de son inculpation, le 6 novembre 1984, la famille de Murielle Bolle demande à la presse de passer chez elle, à Laveline-devant-Bruyères, et la jeune fille se rétracte devant micros et caméras, clamant l'innocence de son beau-frère avant de le faire devant le juge Lambert. Elle déclare aux journalistes : « Non, j'y étais pas dans la voiture de Bernard, puis j'ai jamais été sur Lépanges et tout ça. Là où le gosse a été noyé, j'y ai jamais été. Je connais pas Lépanges ni Docelles. Bernard, il est innocent, mon beau-frère il est innocent, j'ai jamais été avec mon beau-frère ». De plus, les gendarmes l'auraient menacée de la placer en maison de correction si elle ne témoignait pas contre lui et si « (elle) ne disait pas la vérité ». Les gendarmes de Bruyères considéreront que la jeune fille, fragile et vite dépassée par les événements, a pu subir des pressions familiales pour changer sa version des faits (Le Capitaine Sesmat évoquera même des déclarations qui ont « l'air d'être récitées »). 

JAMAIS le juge Lambert n’aurait dû laisser Muriel Bolle retourner dans sa famille. Où elle a dû être sévèrement recadrée le 5 novembre au soir.

Le 8 novembre 1984, un dîner très privé réunit à Epinal Jean-Michel Bezzina (le gourou des médias de l'époque), Me Gérard Welzer (l'avocat des Laroche) et Jacques Corazzi (SRPJ de Nancy). Les trois Frères se fréquentent déjà dans la loge du Grand Orient de Nancy. Ils décident à ce moment très précis d'orienter l'enquête sur Christine Villemin pour innocenter Laroche.

in Laurence Lacour, page 97 :

"Sachant que Jean-Michel Bezzina et "le chef de la crim du SRPJ sont bien copains", il (ndlr Me Gérard Welzer) les réunit à Epinal autour d'un couscous arrosé "sans retenue, d'un boulaouane", le tout finalement aux frais de RTL. Un dîner très privé qui va sceller l'alliance du policier, du journaliste et de l'avocat, déjà frères dans la loge du Grand Orient de Nancy."

in Jacques Corazzi page 124 :

"But de l'opération : pour Jean-Michel convaincre Coco (ndlr Jacques Corazzi) de se faire saisir de l'affaire. Pour le chef de la crim, essayer d'en savoir un peu plus car la saisine ne tardera pas. Autant être au courant avant. Pour Gérard Welzer, tenter de faire libérer son client et peut-être... rien d'autre, car chacun voit son intérêt immédiat et chacun a un intérêt à court terme. L'alliance des trois est un risque, pour les trois. Ces trois-là vont tirer dans la même direction, pour des motivations différentes."

A la même période, la première étude graphologique révèle au bas de la lettre du corbeau revendiquant le meurtre un foulage LB qui pourrait bien être attribué à Bernard Laroche.

La suite est conforme...

Bernard Laroche est relâché le 4 février 1985 pour annulation de pièces de procédure et contre l’avis du parquet.

Il est abattu par Jean-Marie Villemin le 29 mars 1985.

Le 5 juillet 1985 Christine Villemin est inculpée de l’assassinat de son fils.

Le 3 février 1993 : la Cour d’appel de Dijon rend un avis de non-lieu pour la mère de Grégory.

16 décembre 1993 : Après 6 semaines de procès, Jean-Marie Villemin est condamné à 5 ans de prison, dont un an avec sursis, pour l’assassinat de Bernard Laroche.

Un immense gâchis !

 

……………..

C’est le témoignage de Muriel et sa rétractation qui ont été décisifs pour inculper puis pour faire relâcher Bernard Laroche.

Alors Muriel Bolle ?

Tout et l’envers de tout !

Comme en témoigne le document suivant :

Rapport de la gendarmerie (Epinal) du 24 décembre 1984 :

Garde à vue de BOLLE Muriel

Muriel, dont le nom a été avancé par LAROCHE lui-même lors de sa mise en garde-à-vue les 31 octobre et 1er novembre 84 à EPINAL, a été une première fois entendue le soir du 1er novembre au domicile de ses parents à LAVELINE devant BRUYERE. Elle a alors confirmé l’alibi avancé par LAROCHE. Mais son audition est apparue incomplète et étrange. C’est pour cette raison que les enquêteurs ont décidé de la réentendre plus en détail et au calme le lendemain.

Le 2 Novembre 84, à 9 heures 30, les gendarmes sont donc allés la chercher au domicile de ses parents et l’ont ramenée à la brigade de BRUYERES. Elle a été immédiatement placée en garde à vue et entendue à diverses reprises au cours de la journée. (En fait, elle a été entendue à partir de 9 h 30 et les enquêteurs n’ont décidé de sa mise en garde à vue qu’à 13 h 30, à la suite de ses aveux ; cependant la mesure de garde à vue prend effet à partir de son interpellation, c'est-à-dire 9 h 30, comme l’indique le registre des gardes à vue).

(…)

Les auditions ont toujours été très calmes et courtoises. Jamais Muriel n’a été menacée de « maison de correction », jamais elle n’a fait l’objet de questions violentes ou menaçantes. Au contraire, quand elle a commencé à avouer que sa première déposition était fausse, que les faits s’étaient déroulés différemment et que LAROCHE l’avait emmenée chercher Grégory, les enquêteurs se sont montrés extrêmement prudents.. Bien sûr, il lui a été demandé si elle avait eu des rapports sexuels avec son beau-frère mais cette question, simple et logique, a été posée tout-à-fait normalement. En bref, son audition s’est déroulée de façon parfaitement correcte, les enquêteurs prenant conscience de l’importance capitale de ses révélations.

Muriel a d’ailleurs dit à son père qui, le 2 au soir, était venu lui rendre visite à la brigade : « je suis ici mieux que chez nous » et au médecin venu l’examiner le 3 au matin « Les gendarmes sont des copains, ils sont sympas. »

On peut enfin souligner que Muriel a dessiné plusieurs croquis à la demande des enquêteurs ; ces croquis, difficiles à obtenir sous la menace, on en convient, ont recoupé les témoignages recueillis ultérieurement auprès de ses camarades de classe. »

 

..................

Alors Muriel Bolle ???

Franchement  vous, vous en pensez quoi ???

A suivre demain matin sans faute.

Liliane Langellier

 

Lire :

Laurence Lacour « Le bûcher des innocents » (Les arênes)

« Le seize octobre » Jean-Marie et Christine Villemin (Plon)

Colonel Etienne Sesmat « Les deux affaires Gregory » (Points Crime)

Jacques Corazzi "Le secret de la Vologne" (Gérard Louis)

Article du Figaro de Stéphane Durand-Souffland du 23 juin 2017,

Article de Marianne de Denis Robert du 25 juin 2017,

Article de Violaine Joussent pour France Télévisions le 25 juin 2017,

Tous les articles de Patricia Tourancheau dans Les Jours.

Et surtout son dernier article de ce soir.

Voir et revoir les émissions suivantes consacrées à l'affaire Grégory :

- Non élucidé (France 2) du dimanche 18 juin,

- Chroniques criminelles (NT1) du mardi 20 juin,

- Enquêtes criminelles (W9) du mercredi 21 juin.

 

Les enfants Villemin autour de leurs parents Albert et Monique

Les enfants Villemin autour de leurs parents Albert et Monique

La famille Bolle

La famille Bolle

Juin 2017. Les membres de la famille Villemin interrogés par les gendarmes.

Juin 2017. Les membres de la famille Villemin interrogés par les gendarmes.

A visionner pour mieux comprendre !

L'affaire Grégory
L'affaire Grégory
L'affaire Grégory
L'affaire Grégory
L'affaire Grégory

Publié dans L'espiègle Lili

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RémiAirelle 27/07/2017 22:53

Thérèse Jacob et son mari sont un couple des plus bizarres. Qui s’adonne à l’échangisme.

Bonjour, D'où tenez-vous cette info?

Langellier Liliane 28/07/2017 08:28

Source l'article du Figaro du 23 juin 2017.
"Le Figaro a consulté la synthèse qui a relancé l'affaire...
(...) La synthèse s'attarde sur un épisode de la vie intime des Jacob. En 1990, Jacqueline avait quitté son mari pour R., rencontré lors de soirées échangistes entre couples. Elle était revenue, voulant imposer sans succès à Marcel un ménage à trois, puis repartie, puis revenue. R. déclare que Jacqueline lui avait confié qu'elle ne pouvait pas faire autrement. Déduction des gendarmes :Marcel a pu faire chanter Jacqueline : "Révéler sa participation voire l'instigation du crime serait peut-être un bon moyen pour (la) retenir."