Quand Lormaye fête la Saint-Jean...

Publié le par Liliane Langellier

Ce week-end, c’est la saint Jean-Baptiste, le saint patron de Lormaye.

Ce soir, c'est la fête au village.

Ce soir, c'est le feu de la saint Jean. Celui dont on doit rapporter un "brandon" qui protégera toute l'année la maison de la foudre.

Ce soir, c'est le petit bal avec son orchestre. Sur la place devant la Maison Boré.

Demain, c'est la traditionnelle messe en plein air. Qui marque pour nous tous, dans le canton, le début de l’été.

La Maison Boré

C’est ainsi que la surnomment les Lormaisiens. Rien à voir avec le titre d’une nouvelle sulfureuse de Maupassant. Cette maison, datant vraisemblablement du XVIIIe siècle, fut la propriété de la famille de l’ancien maire, Alexandre Goislard (1862-1955), sellier bourrelier de son métier, dont la fille Thérèse avait épousé Monsieur Boré…..Jean !

« La Maison Boré » a pour principale qualité d’être la plus proche voisine de la Tour Saint Jean, qui tient lieu aujourd’hui de mairie et reste le dernier vestige de l’église du même nom démolie entre 1825 et 1850.

Ses propriétaires n’hésitèrent pas à construire et à orner son côté gauche d’une niche surmontée d’une croix pour placer à la vue de tous la précieuse statuette récupérée de l’église.

A Lormaye, plus qu’une fête, la Saint-Jean est un rite

Immuable.

Tout Lormaisien digne de ce nom la porte au cœur.

C’est la fête de leur village. Venue des nuits ancestrales, où Saint Jean-Baptiste était certes moins évoqué que certains dieux païens.

Privés de leur église, qui était placée sous le vocable de Saint-Jean, c’est au plus près de la Tour que se déroulent les festivités.

Il faut que le feu soit beau. Il faut que le feu soit haut. Il faut que le feu crépite de milles étincelles.

Alors, on amasse branchages de bouleaux, jusqu’à quelque cinq mètres de haut. On les décore avec application et on place, juste devant, une grande croix toute de fleurs blanches.C’est dire qu’il est paré comme une mariée, ce feu de l’été..

Et l’on attend… Monsieur le curé ! Sans lui, pas de feu. Sans sa bénédiction pas de rite accompli. Le prêtre arrive à la nuit tombée. L’orchestre fait silence. Le prêtre, au signal de Monsieur le Maire, bénit largement le bois. Juste avant, au milieu de l’orchestre dont les instruments se sont figés, il offre à ses ouailles une petite homélie où il parle de l’amour. Celui que l’on doit avoir au cœur un pareil soir. Tous réunis pour cette coutume venue du fond des temps. Les lumières s’éteignent. Le feu est mis.

Et les flammèches dansent longtemps dans le ciel lormaisien. Le solstice d’été célèbre le soleil. Le feu, c’est le soleil. Celui qui éclaire, qui dévore, qui détruit : c’est le feu des passions.

Alors, chacun vient chercher son brandon. Ce morceau de bois que l’on se doit de rapporter chez soi. Mais de prendre encore allumé pour l’éteindre soi-même. Afin qu’il protège la maison du feu et de la foudre pour toute l’année à venir.

La fête peut commencer. 

Les enfants peuvent prendre d'assaut les manèges et les ados se mesurer à la baraque à tirs...

Les couples peuvent tournoyer sur la piste de danse. Jusque tard au petit matin. Où la messe dominicale sera célébrée, tout près, sur une estrade en plein air.

 

« Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il était venu comme témoin pour rendre hommage à la lumière et préparer au Seigneur un peuple capable de l’accueillir ».

 

Liliane Langellier

La Saint Jean d'avant

La Saint Jean d'avant

La statue de Saint-Jean-Baptiste

La statue de Saint-Jean-Baptiste

La statue de Saint Jean-Baptiste à la maison Boré

La statue de Saint Jean-Baptiste à la maison Boré

Publié dans L'espiègle Lili

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