Twitter, aime-moi !

Publié le par Liliane Langellier

J'y étais prédestinée...

C'était écrit à l'avance !

Tout s'explique dans la continuité d'une histoire humaine...

....

J'ai débuté à L'Express en tant que rubricarde à la télévision. Peu de signes pour donner envie aux lecteurs de craquer pour telle ou telle émission, feuilleton, magazine, reportage...

J'ai précieusement gardé mon premier écho...

Il faut bien dire que, jeune veuve, j'étais tombée éperdument amoureuse d'un rédacteur-en-chef, écrivain, qui m'avait fait une longue cour à la fois  littéraire et drôle, comme lui seul savait le faire et l'être !

Alors, bien sûr, je me suis surpassée en peu de signes.

Voilà ce que donnait ma première critique :

22 h 10, A 2, Parlez-moi d'amour. George Sand.

"Aurore Dupin, baronne Dudevant, a vécu comme un homme, par les hommes,pour les hommes. Pas n'importe lesquels ! Jules Sandeau, dont elle se fera un pseudo, Musset qui tombera malade au Danielo, Chopin dont elle soignera pieusement la toux, et Liszt, qui s'usera à lui jouer du piano les nuits d'été. George Sand a aimé et, donc écrit avec passion. La "bonne dame de Nohant" n'en finira jamais de nous surprendre."

Je n'avais pas dormi la nuit précédente pour tout réviser sur George Sand dans La Pléiade !

J'avais si peu de signes et puis Antenne 2 n'avait pas pu nous produire l'émission avant sa diffusion. Et je ne voulais surtout pas écrire sur dossier de presse !

J'étais morte de trouille...

Bien sûr que j'ai eu sa bénédiction...

Me l'aurait-il accordée si j'avais été une médiocre de plus ?

J'ai donc pris l'habitude d'écrire mes humeurs pour les téléspectateurs en peu de signes.

J'ai été particulièrement gâtée pendant cette période.

J'étais plutôt mignonne et rigolote, mais pas que...

Je portais surtout un nom connu et reconnu dans la presse. Celui de mon beau-frère. Qui était l'un des grands reporters en vogue au Monde.

En vogue non seulement pour son talent, mais aussi pour sa beauté, et surnommé "le Robert Redford du Monde" !

J'étais la seule femme à assister, quand je le souhaitais, au Press Club des journalistes du deuxième étage...

Pour le 18 août 1988, mes 41 ans, Yann de l'Ecotais a organisé le plus bel anniversaire que je n'ai jamais connu depuis : toute la rédaction y était présente... C'était mon premier anniversaire officiel depuis le 14 mars 1987...

Il y a eu hélas ensuite le douloureux épisode du Baron. A L'Express dossiers. Où faute de m'être allongée, j'ai été "remise à disposition de la rédaction" et me suis retrouvée dans un placard à L'Express Paris.

J'avais, courageusement, repris mes cours de deuxième année au CFPJ (Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes) rue du Louvre.

C'était difficile et épuisant.

Mais il me fallait tenir...

Ajouter à cela la moche trahison de l'objet de mon admiration, et là vous aurez tout compris !

C'est à ce moment précis que Yann de l'Ecotais, directeur de la rédaction, et précurseur, lança un projet : traduire les articles de L'Express Paris sur Minitel. En gardant bien précieusement le ton et l'humour des articles.

Un scientifique, spécialiste en Minitel, m'était adjoint.

J'ai donc vécu un genre d'ambiance Twitter bien avant l'heure...

Mais ça c'était avant !

....

En août 2010, j'ai créé mon propre blog sur l'affaire Seznec : "La piste de Lormaye".

J'étais tombée éperdument amoureuse d'une ombre... Mais de loin l'intervenant le plus brillant sur cette affaire difficile : SaintOp.

Je l'avais connu, en décembre 2006, lorsque Marylise Lebranchu nous a ouvert son blog de député-maire de Morlaix pour nous exprimer librement, suite à la non révision du procès du grand père Seznec.

J'ai toujours eu un mini détecteur intégré pour les hommes brillants !

Et là, mon petit détecteur s'est salement affolé...

Qu'il s'en soit aperçu ou non, à l'époque, peu m'importe, car ce qui comptait c'était que "je me lance".

Et je me suis lancée.

Attendant souvent son appréciation. Sa bénédiction...

Une fois de plus encore complexée mais face cette fois à un pseudo !

Magie d'Internet. Et des rencontres virtuelles...

Moi, je reproduisais mon éternel petit schéma d'admiration, détecteur de tout homme brillant...

Merci papa !

Ce qui compte c'est que j'ai créé ce blog... "La piste de Lormaye"...

Et puis, juste à la suite, un autre : "Affaire Seznec Investigation".

Et enfin mon blog personnel "Chez Jeannette Fleurs".

Pour mes souvenirs, mes coups de coeur et mes coups de gueule.

Ce qui compte c'est que je me sois lancée sur #Twitter...

Et bien lancée !

En 140 signes tout juste.

Mon premier tweet lui était - bien évidemment - dédié...

Mais je suis quasi certaine qu'il ne l'a jamais lu !

Qu'importe !

Entre temps, j'avais décelé les meilleurs journalistes dans tous les domaines : politique France, étranger, société, culture, histoire, littérature, cinéma, etc...

Je pense là plus particulièrement à Jérôme Godefroy, à Claude Askolovitch (Asko) ou à Guy Birenbaum et Bruno Roger-Petit pour Politique France..

Vivre en temps réel les critiques littéraires des grands :  Bernard Lehut, Augustin Trappenard, Pierre Assouline, Jean Birnbaum...

Rire aux plaisanteries inégalables de @zejuge ou aux commentaires à l'acide de Maître Eolas...

Connaître William Reymond et suivre ses recherches sur l'assassinat de J.F. Kennedy... Et son nouveau site B3 Infos...

Oui.....

Oui, le parfum que je respire sur Twitter ressemble singulièrement à celui des couloirs de L'Express.

Y fleurissent aussi les bons mots, les traits d'esprit, les franches rigolades, les engueulades... Les complots, aussi...

Et puis les grands sujets y sont tous abordés.

Il suffit juste de l'indiquer précédé du fameux hashtag #.

Et alors tout devient possible.

En n'oubliant pas qu'il est préférable de suivre des agences de presse (AFP, Reuters, AP) ou des journalistes bien établis, et non les petits yoyos du jour !

J'ai ainsi suivi en direct l'arrestation de Mohamed Merah...

Et l'interpellation de DSK à New York !

Twitter c'est un menu déroulé des esprits les plus brillants !

C'est grisant...

Toute cette rapidité !

Toute cette intelligence !

Tout cet humour !

Dans cet espace restreint et imposé des 140 signes.

Sur Twitter, j'ai fait peu à peu connaître mes blogs au fil de mes différents articles.

Le but était atteint.

Oh j'ai acquis un bon nombre de followers (5700) mais une journaliste "normale" en piste dans la profession, tourne aux environs de 14/15.000 followers.

Avec Twitter, j'ai lu davantage... 

Suivant notamment le #VendrediLecture. Collibris, Babelio, @UnTexteUnJour... Et de nombreux autres blogs littéraires.

J'ai, en un clic, les meilleures analyses des meilleurs spécialistes.Quel que soit le sujet évoqué...

Tout va vite.

Très vite.

Et ça, c'est ce qui me plaît.

Suivre avec délice "The Pope" sur Canal+ avec les tweets des nanas renversées par la beauté insolente de Jude Law, ça n'a pas de prix !

Ou s'apercevoir que le "divin" pasteur brit, le révérend Sydney Chambers de "Granchester" (James Norton), est très suivi et commenté sur l'oiseau bleu, on se sent moins seule !

Ou encore se frotter aux différents commentaires sur les émissions politiques comme @Cavous ou Le Quotidien, c'est terriblement amusant !

Suivre encore les threads (fils) des jeunes agrégés d'Histoire, comme @Enklask ou Mathilde Larrere pour sentir comment évolue leur rapport à l'histoire des événements passés, présents et futurs... Et plus particulièrement Christian Delporte, professeur d'histoire contemporaine et auteur de "La communication politique"...

Et oui, Twitter...

Twitter, c'est la rapidité d'énoncé des faits, l'intelligence des analyses des uns et des autres, la drôlerie de certains commentaires, l'humour à toutes les sauces...

La castagne parfois aussi.

Dès qu'on ose une critique contre la fachosphère et ses auteurs puants comme Renaud Camus...

Mais, attention !.

Twitter ce n'est pas Meetic.

On ne mélange pas les genres.

Du moins pour moi...

Bien qu'il y ait quand même un certain nombre de comptes de triste prostitution. Comme ceux que j'ai vus encore récemment avec le hashtag Grasse : #Grasse.

Suite à la récente agression dans le lycée des Alpes Maritimes.

Twitter, c'est un partage...

Un enrichissement à se frotter aux mots des autres.

Ce qui fait grandir.

Ce qui a toujours fait grandir.

Et ce dont je ne me lasse pas.

Liliane Langellier

 

Twitter, aime-moi !

Publié dans L'espiègle Lili

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