Le Féminisme à la Petite Bédéthèque des Savoirs

Publié le par Liliane Langellier

Souvent ardu et bien compliqué de faire une plongée chez Simone de Beauvoir avec « Le deuxième sexe » (1949) ou de tourner les pages de Benoite Groult et de « Cette mâle assurance »(1993)…

Ou encore d’aborder les pamphlets d’Olympe de Gouges…

Et puis rien que la définition du « féminisme » en fait reculer plus d’un !

Alors, pour retenir l’attention, il faut que ce soit bref et ludique.

Car sans plaisir pas de bonheur de lire !

Côté bref, « La Petite Bédéthèque des Savoirs » s’y connait.

Eux qui se résument ainsi : « Un spécialiste et un dessinateur s’unissent pour vous faire comprendre le monde en bande dessinée. »

Donc, c’est court. Donc, c’est une B.D.

Reste à structurer l’ouvrage.

Et à se joindre la compagnie de la féministe Anne-Charlotte Husson.

Qui se définit ainsi sur son compte Twitter "Genre!" : Féministe atterrée, blogueuse endurcie, chercheuse wannabe. And though she be but little, she is fierce.

Pourquoi ne pas partir du choix des slogans féministes célèbres et les expliquer dans le développement.

Sept slogans ont ainsi été retenus…

Puis illustrés.

A débuter par…

« La femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune » proclame Olympe de Gouges dans l’article X de la Déclaration des Droits de la femme (1792).

Il y a à dire et à redire pour l’accession des femmes à la tribune…

Hier, lors de la réunion annuelle de l’AMF (Association des Maires de France), Brigitte Pistre, maire de Frazé en Eure-et-Loir, publiait sur Twitter une photo montrant l’inexistence de la parité chez les premiers magistrats.

J’ai connu, pour ma part, L’Express sans aucun grand reporter en Politique Monde. Domaine strictement réservé aux hommes…

Et oui, oui, le journal de Françoise Giroud.

C’est Christine Ockrent, qui, lors de son bref passage à la direction de la rédaction de cet hebdomadaire a ouvert le job aux femmes (on lui doit au moins ça !)

De la même veine, je suis avec beaucoup d’attention les travaux et la lutte de Marlène Schiappa. Qui dans son blog « Maman travaille » se bat pour les jeunes femmes de sa génération, et martèle sur son compte Twitter « Les futurs parents ont le droit à la transparence dans l’attribution des places en crèches ! » Elue engagée, elle vient aussi de publier un ouvrage dénonçant le silence coupable autour des viols : « Où sont les violeurs » (Editions L’Aube, 17 Euros).

Avec Marlène, adjointe au maire du Mans, le flambeau est entre de bonnes mains !

J’avais remarqué son discours à Lyon (en vedette américaine d'Emmanuel Macron, oui…) où elle avait cité Benoîte Groult.

Car, Benoîte Groult, pour les femmes de ma génération… Ce sont LES bouquins incontournables des années 70 : « La part des choses » (1970), « Ainsi soit-elle ! » (1975), etc…

Savez-vous que Benoîte a publié, en 1986, des lettres d’Olympe de Gouge justement…

Vous allez me dire, Brigitte et Marlène sont engagées avec "En Marche" d'Emmanuel Macron…

Et oui, parfaitement !

Vous n’imaginez tout de même pas que je vais vous parler des 30/40 de ma paroisse. Qui, avec leur Manif Pour Tous, nous font une totale régression moyenâgeuse sur les droits des femmes !

Frigide Barjot (Virginie Tellenne) et Christine Boutin peuvent parcourir tout Paris en scooter rose ou dans des mocassins à glands de chez Céline, peu m’en chaut ! Elles me m'inspirent que rage et tristesse car elles sont une insulte à l’image de la femme catholique.

Mais, revenons à nos moutonssssssssss !

On en revient justement à un autre des slogans féministes illustré dans « Le Féminisme » : « Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours ! » de Benoîte Groult . Avec un petit Nota Bene : « Ce chapitre traite de toutes les violences faites aux femmes, y compris les violences sexuelles. »

On parle là du meurtre de l’Ecole Polytechnique de Montréal, et de Boko Haram, entre autres…

Ne manquez pas de noter, ici, les chiffres de L’ONU : « 70 % des femmes sont victimes des violences au cours de leur vie, 133 millions de filles subissent des mutilations génitales chaque année… »

Occasion de parler aussi de l’avocate Me Gisèle Halimi. Du Manifeste des 343 salopes (paru dans Le Nouvel Obs le 5 avril 1971). Manifeste par lequel des centaines de femmes déclarent avoir avorté et réclament le libre accès à la contraception et à l’avortement.

Occasion de lire « La cause des femmes » (1973) de cette avocate brillante et engagée.

L’avortement… Je me suis ramassée à une sortie de messe du matin, alors que je souffre toujours de mon manque d’enfants, je me suis ramassée un « C’est sans doute dû à tes trop nombreux avortements ? » par la plus pieuse des dames à blés du coin ! Que répondre ? Se justifier ? La gifler ?

On s’étonne après que je prenne mes distances…

Dérangeant chapitre aussi avec le slogan « White woman listen ! »

Où est abordé le racisme américain…Le « Black Feminism » avec Angela Davis… Sa lutte, son emprisonnement, ses livres comme "If They Come in the Morning : Voices of Resistance" ("S'ils frappent à la porte à l'aube" - 1971).

Parce que l’image de la femme noire aux States, il y a aussi à dire et à redire…

La femme noire qui apparaît émasculatrice et repoussoir du matriarcat sous les traits de Hattie Mac Daniel « Mamma » dans le film « Autant en emporte le vent » (1939), d’après le roman de Margaret Mitchell…

Ecoutez bien l’anecdote : « Les lois raciales de l’’époque en vigueur aux Etats-Unis empêchèrent l’actrice Hattie McDaniel d’assister à la première à Atlanta le 15 décembre 1939. Ne voulant pas mettre son producteur dans l’embarras, elle lui signala qu’elle n’était pas disponible pour s’y rendre. »

Il fallut attendre Rosa Parks… qui resta assiste dans son bus pour que les femmes se tiennent debout, le 1er décembre 1955 à Montgomery (Alabama).

Quand j’ai pris, pour la première fois, l’ascenseur à U.C.L.A. (Université de Californie Los Angeles) l'été 1989, mon attention a tout de suite été attirée par une affichette « Tu es noire et tu veux réussir tes études… Rejoins-nous… »

Superbe combat.

Qui se doit de continuer au quotidien.

Je fais la chasse à toutes les expressions, à toutes les attitudes racistes. De la plus petite vanne au sous-entendus malsains. « No pasaran ! »

Voilà donc déjà trois slogans sur les sept…

A vous de découvrir les quatre autres…

A vous de vous acheter ce petit livre au format carnet.

Et puis peut-être aussi d’aller voir les autres ouvrages de La Petite Bédéthèque… Avec « La communication politique » de Christian Delporte, notamment.

Le prix de chaque livre ne dépasse pas les 10 euros.

Du savoir en BD.

Du savoir accessible à tous.

A vous de jouer !

Liliane Langellier

"Le Féminisme" à la Petite Bédéthèque des Savoirs, éditions Le Lombard, d'Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu.

Tome 11. Octobre 2016.

 

Le Féminisme à la Petite Bédéthèque des Savoirs
Le Féminisme à la Petite Bédéthèque des Savoirs
Le Féminisme à la Petite Bédéthèque des Savoirs
La communication politique de Christian Delporte. Tome 14.

La communication politique de Christian Delporte. Tome 14.

La Petite Bédéthèque des Savoirs. 1 an. 16 titres.

La Petite Bédéthèque des Savoirs. 1 an. 16 titres.

Publié dans L'espiègle Lili

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