Bienvenue Place Beauvau

Publié le par Liliane Langellier

"Bienvenue Place Beauvau.  Police : les secrets inavouables d'un quinquennat."

C'est le livre dont tout le monde parle...

Il est publié aux éditions Robert Laffont et les auteurs sont deux journalistes du Canard enchaîné : Didier Hassoux et Christophe Labbé, et une journaliste indépendante : Olivia Recasens.

Ces auteurs s'étaient déjà fait connaître par deux livres du même tonneau : 

- "L'espion du Président : au coeur de la police politique de Sarkozy" en 2012.   

- "Place Beauvau, la face cachée de la police" en 2006 avec Jean-Michel Decugis.

François Fillon s'en est emparé et a balancé l'histoire du "cabinet noir" ou du moins ce qu'il en avait compris, dans "L'Emission Politique" de France 2, le jeudi 23 mars au soir.

Dans le seul but d'attaquer François Hollande en révélant un soi-disant "scandale d'Etat".

Il faut tout d'abord rappeler que "Valeurs Actuelles", le magazine à droite droite, a publié dans ses colonnes les bonnes feuilles de cet ouvrage dès le matin du jeudi 23 mars.

Le service de communication de Fillon en a pris connaissance illico (ou peut-être même avant, via le service de presse de l'éditeur)... Et a averti le candidat à la Présidence.

Parce que, et vous le savez, les mots on peut leur faire dire tout et n'importe quoi !

Pour être claire, je ne suis pas journaliste politique, mais je suis attentive à tout ce qui touche la sacro-sainte liberté d'expression.

J'ai téléchargé leur livre sur Chapitre.Com dès hier matin (12 € 99).

Mais on le trouve sans problèmes sur Amazon (19 € 99).

Je vais donc vous reproduire en vrac ce qui m'a le plus étonnée dans l'ouvrage...

1) François Hollande a-t-il mis en place un "Cabinet noir" ?

"Des renforts chiraquiens 

Élu de Corrèze, le fief de Jacques Chirac, François Hollande a su tisser des liens avec l'ancien Président et son entourage. Leur alliance secrète se nourrit de leur haine commune envers Nicolas Sarkozy. La rancœur des chiraquiens remonte à loin, au temps de la guerre fratricide à droite. En 1995, alors qu'il est ministre du Budget, Nicolas Sarkozy a abandonné en rase campagne son mentor Jacques Chirac pour Édouard Balladur, qui ose défier le chef à la présidentielle. La plaie n'ayant jamais cicatrisé, Jacques Chirac, en 2012, se prononce pour Hollande contre celui qu'il surnomme « le Nain ». C'est donc tout naturellement que François Hollande, une fois élu, pioche dans la Chiraquie, canal historique."

"Un cabinet noir anti-Sarkozy ?

Le retour aux affaires de ces (policiers) chiraquiens (par François Hollande) nourrit bien évidemment le soupçon sarkozyste de l'existence d'un cabinet noir. Il n'est pas possible d'en apporter la preuve formelle. Comme il n'est pas possible de prouver lecontraire ! Mais l'addition d'indices troubles et de témoignages étonnants interroge. Plusieurs observateurs bien placés dans l'appareil policier nous ont ainsi décrit par le menu l'existence d'une structure clandestine, aux ramifications complexes, et dont le rayon d'action ne se serait pas cantonné au seul renseignement territorial. "Les sarkozystes n'ont rien vu venir, persuadés que les coups partiraient forcément de chez nous,où ils pensaient avoir missuffisamment de clochettes pour êtreprévenus à temps", confie un officier de la DGSI qui a longtemps roulé sa bosse à la DST."

2) Hollande, Gayet, le buisson et les caméras

"Au bout du fil, la voix est agacée, le ton cassant. Ce 6 avril 2014, jour du Marathon de Paris, la voiture du président de la République est bloquée porte d'Auteuil. Un des gardes du corps appelle en catastrophe la préfecture de police. Dans la salle de commandement de la Direction de l'ordre public et de la circulation, le permanencier comprend tout de suite que la demande est prioritaire. À peine a-t-il répercuté l'info à son chef que, dans la salle où une vingtaine de fonctionnaires veillent en permanence sur les 5 000 caméras vidéo de la police parisienne, c'est le branle-bas de combat. Ordre est donné de zoomer avec l'une des caméras de la porte d'Auteuil. Sur le mur vidéo apparaît alors en grand format le cortège présidentiel à l'arrêt, et soudain, sortant d'un buisson, François Hollande et... une jeune femme, que le Président va ensuite prendre en photo avec son iPhone. Ce dimanche, le Président et Julie Gayet se rendent à La Lanterne, l'ancien pavillon de chasse du château de Versailles, devenue résidence secondaire des Présidents depuis Sarkozy. Le préfet de police est aussitôt prévenu, tandis qu'une copie du film est mise à l'abri dans le coffre-fort de son directeur de cabinet."

3) Les trois geeks dans la maison abandonnée

"Miraculeusement, les fugueurs finissent par rentrer sagement au bercail, leur cave discrète dans un pavillon sans cachet d'une banlieue sans âme de l'Ouest parisien. Qui pourrait imaginer qu'ici se dissimule une salle informatique dernier cri d'où se pilotent des opérations inavouables ?

« Tous les quinze jours, le rituel se répète. Un scooter Vespa noir équipé d'une caisse métallisée à l'arrière franchit la grille du pavillon « conspiratif », qui voisine une paroisse protestante. À peine garé dans la cour, son conducteur, un quadra à la silhouette ronde, descend les quelques marches qui mènent à la cave sécurisée. Il vient livrer la liste des cibles. »

Rattachés à la sous-division R, les hackers ont craqué la base de données de l'un des principaux fournisseurs français d'accès à Internet. Les informations personnelles sur des millions de clients se retrouvent dans un immense fichier clandestin entre les mains du renseignement intérieur. Y figurent noms, numéros de téléphone, adresses de mail, de domicile, historique des connexions, moyens de paiement, données de facturation avec le nom de la banque... Une mine de renseignements à exploiter loin des regards de la Commission nationale informatique et liberté, chargée de veiller à la protection des données personnelles."

4) La Franc-Maçonnerie dans la maison poulaga

"À la Place Beauvau, Bauer sera pour son ami (Manuel Valls) un discret et efficace ouvreur de portes. Il faut dire qu'il dispose à son trousseau de la clef trois points, véritable passe-partout dans ce ministère. Les policiers sont attirés par les lumières des temples francs-maçons telles les lucioles par les lanternes. De tous les ministères, c'est la Place Beauvau qui compte le plus de « frères ». À tous les étages, dans tous les bureaux, et d'autant plus qu'on grimpe dans la hiérarchie. Près de 10  % des commissaires seraient maçons."

"La maison poulaga ressemble à l'Inde avec ses castes. On est de la PP ou du ministère, du 36 ou de la DSPAP, de la DGSI ou de la DRPP, en même temps, on appartient au clan des gardiens de la paix, des officiers, des commissaires, des contrôleurs et inspecteurs généraux, des directeurs ou des préfets, sans oublier l'étiquette « de droite » ou « de gauche ». Dans ce monde hyper-cloisonné où l'information, c'est le pouvoir, la franc-maçonnerie permet de faire circuler l'info. Et plus encore lorsqu'on est membre d'une « fraternelle », ces associations loi 1901 qui regroupent par profession des francs-maçons de toutes les obédiences. À la Place Beauvau, c'est le club La Reynie – du nom du premier « préfet » de police de Paris sous Louis XIV – qui se voit reprocher de tirer les ficelles.

Lorsque Manuel Valls innove en organisant en 2014 une cérémonie de vœux pour les maçons au ministère, les dignitaires des obédiences apprécient ce geste inédit. Ils savent qu'ils peuvent compter sur le frère Valls qui, même s'il est aujourd'hui « en sommeil », aura passé seize ans sous le maillet. C'est en avril 1989, dans la loge Ni Maîtres Ni Dieux du Grand Orient de France, que le jeune conseiller de Michel Rocard est initié. Six ans plus tard, il rejoint la loge L'infini maçonnique que vient de fonder son ami Alain Bauer, lequel deviendra, au début des années 2000, le grand maître du Grand Orient de France.

(...) Favier est à peine intronisé directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) que frappe à sa porte un étrange émissaire. Le président d'honneur de la fraternelle de la gendarmerie ! C'est une tradition : chaque fois qu'un nouveau patron est nommé, le représentant des pandores francs-maçons vient se présenter à lui, et délivrer quelques messages. « Parce qu'il n'est pas franc-maçon, Favier a été considéré comme un obstacle dès le début, raconte une éminence de la fraternelle. On lui a envoyé un général cinq étoiles pour lui dire en substance : “Tu ne nous fais pas la guerre, on ne te fait pas la guerre.” Ça n'a pas marché, alors on a arrêté la danse des sept voiles pour essayer de le “réduire”, comme on dit en franc-maçonnerie. En clair “réduire” sa capacité de nuisance supposée en lui bridant ses moyens d'actions Même échec. On a alors pensé : “On va le contourner.” Peine perdue. Comme c'était impossible de faire sans lui, en fraternelle, on s'est donc mis d'accord : même s'il n'est pas “franc-maçon friendly”, on va aider le DGGN à influencer la Place Beauvau. Notre objectif était simple : que la franc-maçonnerie participe coûte que coûte aux prochaines réformes. Et aide la gendarmerie face à la police. »

Ainsi dès qu'un projet de loi ou de décret concerne les gendarmes, la fraternelle s'en saisit et désigne des frères qui, pour défendre les intérêts de la maison, vont faire du lobbying en interne comme auprès des parlementaires maçons. En 2009, déjà, lorsqu'il est question de restreindre l'utilisation de l'arme de service, la fraternelle actionne les frères députés et sénateurs pour qu'ils laissent aux pandores le droit de faire feu après sommation, sans devoir invoquer la légitime défense comme les policiers...

Le poids des frères dans la gendarmerie est plus discret que dans la police, mais tout aussi important. Chez les flics, être passé sous le bandeau facilite mutations et promotions. Chez les pandores, la fraternelle, qui regroupe un bon millier de membres parmi lesquels beaucoup d'officiers supérieurs et une pluie d'étoiles, défend d'abord l'institution.

Bien sûr, si un frère est en danger, les autres volent à son secours. Ainsi, en décembre 2013, quand le général de corps d'armée Bertrand Soubelet étrille maladroitement devant une commission parlementaire la politique pénale de la garde des Sceaux Christiane Taubira, les membres de la fraternelle font le « signe de détresse » pour tenter d'atténuer les sanctions qui menacent de s'abattre sur son képi. Un geste rarissime."

5) Le fils de Valérie Pécresse

"Soudain, au milieu de notre conversation, le téléphone de Jacques Meric sonne. Au bout du fil, l'un de ses adjoints l'avertit que le fils de Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Île-de-France, vient de se faire arrêter dans le 15e arrondissement de Paris, avec quatre grammes de cannabis sur lui. À peine a-t-il raccroché que le patron de la DSPAP en informe directement le préfet de police. Quarante minutes plus tard, alors que nous venons de prendre congé du policier, c'est à notre tour de recevoir un SMS. Un des collaborateurs de Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, est en train de faire le tour de ses contacts journalistes pour les mettre au courant de l'interpellation, avec force détails. Fait rarissime pour une aussi petite quantité de drogue, le jeune majeur interpellé a été placé en garde à vue. Le renseignement aura mis moins d'une heure à être exploité politiquement. Il faut dire que la rivale victorieuse de Bartolone a fait de la lutte contre la drogue un de ses thèmes de campagne."

6) Le Tracfin

"Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit. D'abord il y a Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy, le ministère piloté durant tout le quinquennat par Michel Sapin, un ami de quarante ans du Président.

La plupart des affaires judiciaires qui ont empoisonné Sarko et les siens ont trouvé leurs racines ici, dans cet immeuble ultra-sécurisé du 9e arrondissement de Paris, entièrement classé secret-défense. Là, cent vingt fonctionnaires sont habilités à fourrer leur nez dans les comptes en banque de n'importe qui. Chaque semaine, le patron de Tracfin prend le chemin de l'Élysée pour assister, avec les directeurs des six autres services secrets, à la réunion organisée par le coordinateur du renseignement. Ce poste, occupé un temps par Didier Le Bret, compagnon de Mazarine, la fille de François Mitterrand, est désormais assumé par Yann Jounot.

(...) Une fois la machine lancée, le dossier emprunte un alambic judiciaire, sous le regard d'un autre ami du Président, le directeur des affaires criminelles et des grâces, Robert Gelli, qui a partagé la même chambrée que François Hollande et Michel Sapin lors de leur service militaire. 

Après l'élection de 2012, cet ancien conseiller de Jospin à Matignon est tout de suite promu chef du parquet de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. D'où il dégoupille quelques grenades contre Patrick Balkany, le copain d'enfance de Nicolas Sarkozy. Lorsqu'il dirigeait l'association des procureurs, Gelli en avait fait l'arme de guerre des « petits pois» contre Sarkozy, déclenchant même une pétition chez les parquetiers – une jacquerie sans précédent. Il avait à cette époque comme adjoint au sein de l'association Bruno Dalles, l'actuel patron de Tracfin.

(...) Sur le papier, pourtant, c'en est fini de l'ère Sarkozy : il n'y a plus d'« affaires signalées », ces dossiers que le pouvoir exécutif surveille de près et sur lesquels il intervient autant que de besoin, par le biais d'« instructions individuelles » adressées aux magistrats. « En fait, les choses se font plus subtilement, par exemple, sur l'opportunité d'ouvrir une information judiciaire, des consignes sont données... mais oralement », nous précise un magistrat.

Chaque fois, ce sont les mêmes juges d'instruction qui sont désignés pour les affaires qui intéressent le Château. Ils sont moins de cinq, dont on retrouve le nom dans tous les dossiers qui concernent Sarkozy. Des habitués de la méthode des poupées russes."

 

Compléments d'enquête

Historique des RG

Au XVIIe siècle, le cardinal de Richelieu crée le Cabinet Noir.

Un bureau secret. Sa maison ouvre le courrier, sur ordre du Roi, pour identifier les opposants politiques.

1804 : Fouché, ministre de la Police de Napoléon, crée le corps des commissaires spéciaux, police secrète chargée de renseigner l'Etat sur les complots politiques.
1846 : sur le modèle de la police secrète, qu'avait abolie la Restauration, la monarchie de Juillet crée la police des chemins de fer.
1855 : Napoléon III restaure le corps des commissaires spéciaux et ébauche, à partir de la police des chemins de fer, un corps de renseignements généraux.
1882 : les commissaires spéciaux sont rattachés aux préfets, avec pour mission la recherche du renseignement politique.
1937 : un décret du Front populaire transforme le service des informations de la Sûreté nationale en Direction des Renseignements généraux.
1941 : Vichy consolide les RG. Leur structure sera maintenue à la Libération.

Effectifs des RG
3 900 agents, soit environ 2 700 en province, 500 à la Direction centrale des Renseignements généraux, au ministère de l'Intérieur, et 700 à la Préfecture de police de Paris.

D’après un article de L’Express du 10 avril 1997 : « Les R.G. comment ça fonctionne ».

http://www.lexpress.fr/informations/rg-comment-ca-fonctionne_621783.html

En 2008 Nicolas Sarkozy dissout les R.G. :

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/c-est-la-fin-des-renseignements-generaux_520407.html

 

J'ai toujours été fascinée par le fonctionnement des  R.G. (Renseignements Généraux). Et plus particulièrement par leurs notes blanches (notes non signées) qui ont été supprimées par Sarkozy en 2002.

J'ai connu leur commandant drouais, Michel Laquerbe. Qui est venu m'interroger pour l'affaire Seznec, le 25 mai 1993. Et qui m'avait auparavant mise sur écoutes.

Car j'avais été balancée.

Liliane Langellier

 

Ce qu'en dit l'éditeur :

Secrets d'État, compromissions et guerres fratricides : bienvenue place Beauvau ! 
La machine policière française est opaque et sclérosée. Hollande et ses ministres, faute de vouloir et de pouvoir la transformer en profondeur, ont tenté de s'en servir à des fins politiques. Pour qui veut contrôler les affaires, le ministère de l'Intérieur est en effet un lieu stratégique, grâce aux grandes oreilles des renseignements et aux yeux aguerris des flics en tous genres.
Pourquoi la légalité est-elle si souvent bafouée chez ceux qui sont précisément censés faire régner l'ordre ? Le Président a-t-il un cabinet noir ? Faut-il être franc-maçon pour réussir dans la police ? Qui mettra un terme à la guerre sans merci que se livrent les diverses officines de renseignement ? Comment la gauche s'est-elle accommodée des réseaux mafieux corses ? Quel est le poids du FN dans la police ?
Dans le plus grand secret, les auteurs ont mené leurs investigations durant plusieurs années. Ils ont interviewé des centaines de témoins (ministres, conseillers spéciaux, patrons de police, agents de renseignement, gardiens de la paix...), ont écumé les commissariats, fouillé le ministère, épluché les dossiers les plus confidentiels pour livrer cette enquête percutante et mettre en lumière le plus cuisant échec du quinquennat qui s'achève.

Les auteurs...

Olivia Recasens est journaliste. Elle est co-auteur de Place Beauvau, La face cachée de la police (avec Christophe Labbé et Jean-Michel Décugis, Robert Laffont, 2006) et de L'Espion du Président (avec Christophe Labbé et Didier Hassoux, Robert Laffont, 2012).

Didier Hassoux est journaliste au Canard enchaîné. Il est co-auteur de L'Espion du Président (avec Olivia Recasens et Christophe Labbé, Robert Laffont, 2012).

Christophe Labbé est journaliste au Canard enchaîné. Il est co-auteur de Place Beauvau, La face cachée de la police (avec Olivia Recasens et Jean-Michel Décugis, Robert Laffont, 2006) et de L'Espion du Président (avec Olivia Recasens et Didier Hassoux, Robert Laffont, 2012).

A écouter attentivement sur France Culture "les cabinets noirs" :

https://www.franceculture.fr/emissions/dimanche-et-apres/lumiere-sur-les-cabinets-noirs-que-lisent-les-francais

 

Bienvenue Place Beauvau
Bienvenue Place Beauvau
En 2012, "L'espion du Président"
En 2012, "L'espion du Président"

En 2012, "L'espion du Président"

En 2006, "Place Beauvau"

En 2006, "Place Beauvau"

Publié dans L'espiègle Lili

Commenter cet article