Paquita !

Publié le par Liliane Langellier

Fin février 2003, je déménageai dans la petite résidence où j’habite actuellement.

Il faisait froid.

Pire il neigeait.

L’idéal pour un déménagement…

On avait installé mes bibliothèques, et je suivais avec mes livres bien rangés en lignes et par catégories.

Je rangeais soigneusement la collection blanche quand tout d’un coup j’entendis une voix…

Une voix rauque et des mots désordonnés avec un horrible accent.

Je venais de faire la connaissance de Paquita.

Elle était entrée à mon insu et s'était assise sur mon canapé.

Dans son curieux discours excité, très excité, je devinais les mots « ne parler à personne » ou « tout le monde méchant » ou encore « rester à l’écart »…

Elle me montre son cuir chevelu et je comprends alors qu'elle a été trépanée.

Pas rassurant du tout tout ça !

Elle a disparu comme elle était entrée…

Au printemps et comme je me trouvais à la poste pour mon changement d’adresse, le responsable du bureau se mit à hurler alors que deux dames se présentaient devant lui.

Le « Pas vous ! » destiné à Paquita me laissa sans voix.

Après renseignements, je devais apprendre que Paquita avait volé l’une de nos voisines… En la chouchoutant pour lui obtenir procuration et la spolier de 1.500.000 anciens francs.

Mais les langues se délièrent…

Paquita avait aussi volé au supermarché local un grand nombre de casseroles et de plats qu’elle revendait ici même.

Les gendarmes étaient venus.

Ils avaient perquisitionné et récupéré le matériel.

Enfin ce qui restait du matériel.

Apparemment Paquita ne fut pas inquiétée pour ce premier vol.

Elle ne fut pas non plus inquiétée pour la spoliation de Madame Larue.

Chaque fois qu’un objet était volé dans la résidence, le refrain était le même : « C’est l’espagnole !!! »

Mais si beaucoup furent forts en gueule, aucune plainte ne fut déposée chez les gendarmes, donc…

L’été 2008, l’ambiance s’aggrava…

Paquita devait rosser l’une des locataires. Une gentille. Une sans histoire. Qui n’avait eu comme défaut que d’avoir un petit ami. Petit ami que guignait Paquita.

Personne ne porta témoignage pour aider la gentille. Qui, elle, fit venir les gendarmes et déposa plainte.

Paquita osa même se traîner dans le bourg en hurlant que c’était elle qui avait été tabassée…

Et sa force de persuasion fut telle que certains allèrent jusqu'à la croire...

Quelques mois plus tard, deux locataires me confirmèrent que c’était bien Paquita qui avait tabassé la gentille. Mais pour ne pas avoir d’ennuis, ils n’avaient rien dit aux gendarmes…

Triste monde !

Début 2009, la résidence était calme car Paquita était partie habiter chez un charmant petit vieux.

Qu’elle dépouilla jusqu’au dernier sou… En lui piquant sa carte bleue et son code.

Le grand père n’était pas sous tutelle…

Il n’y eut donc aucun recours pour la famille à son décès.

Je ne passe pas sous silence ce voisin, atteint de la sclérose en plaques, et que Paquita visitait par « pure gentillesse »mais qui vit son frigidaire se vider à vitesse grand V.

Sa sœur, alertée, fit la planque et prit Paquita sur le vif !

Mais pas de plainte. Pas de punition.

Violente. Voleuse. Grande gueule. Et en totale liberté !!!

Tout le monde le sait. Mais tout le monde se tait.

Tout le monde a peur.

Paquita est une féroce. Et qui pis est sexuellement déréglée.

Elle file ainsi chaque jour, l’été, au cimetière, arroser les fleurs sur son pauvre mari décédé et en profite pour draguer les veufs qu’elle y rencontre.

Elle fit pourtant quelques pêches miraculeuses.

Bien mal inspiré le pauvre homme qui trompa sa femme avec elle… Alors qu’il venait chaque jour ici pour aider sa belle-mère. Et qu’elle lui sauta dessus.

Il faillit bel et bien y laisser son mariage. Car Paquita le relançait jusque sur son palier.

Un véritable scandale qui ravit les mauvaises langues de la résidence et dont je fus au courant la dernière (of course…)

Paquita erre la nuit dans les couloirs.

L’été, elle se balade à 4 heures du matin sur notre parking. Les carrosseries de plusieurs de nos voitures ont été salement rayées.

Mais… On est toujours dans le « pas vu pas pris ».

Quand j’ai été hospitalisée, Paquita a pillé ma petite terrasse.

Elle a notamment volé une casse de typographe qu’elle a eu l’audace de rapporter parce que « c’était moche !!! ».

Comment expliquer aux deux voisines : celle qui l’a vu prendre et celle qui l’a vu la rapporter que c’est un témoignage écrit qu’il me faut absolument…

Les bavardages répétés ne servent à rien.

C’est juste du vent.

Ce qu’il faut c’est : Action. Réaction.

Paquita a volé. Je la signale.

Par écrit.

Pas verbalement à la belle-sœur de ma tante. Et à l’oncle de mon beau-frère.

Par écrit.

Alors oui ici on la surnomme « l’espagnole ».

Ce n’est pas une discrimination, juste une réalité de terrain : elle est espagnole.

Elle ne sait presque pas lire et encore moins écrire.

Peut-être, mais elle sait voler, tabasser et hurler.

Et surtout, surtout, elle n’est pas soignée pour cela.

Et quand j’écris « l’espagnole » sur Facebook, je la nomme comme on la nomme ici. Pas pour critiquer toute une nation.

Il y a eu des plaintes quand même, me direz-vous…

Oui, très peu... Mais j’ai oublié de dire un détail essentiel.

Paquita et son mari étaient à Croisilles employés comme couple de gardiens et de ménage dans la grande propriété de l’ancien ministre de De Gaulle : Bokanowski.

Bokanowski était un grand franc-maçon.

Quand il s’est séparé du couple, il les a appuyés pour obtenir un logement…

Et depuis…

Et bien depuis, Paquita est juste intouchable.

Reste à prier qu’elle ne me tabasse pas.

Car selon les ragots locaux, elle serait en rage contre moi….

Mais enfin je vais vous dire : « les ragots locaux »….

Plus ou moins bien compris...

Et plus ou moins bien mal répétés...

Des propos souvent déformés, parfois amplifiés...

Avec des mots blessants ajoutés à chaque tournant...

Histoire d'en rajouter pour se venger en lousdé !

Et de s'en servir pour passer de mauvais messages...

C'est simple, la prochaine qui me cite Paquita, je lui tends une feuille de papier et un stylo en stipulant : "Par écrit, merci".

Sinon on ne s'en sortira jamais !

Et par ce défaut de courage, c'est bien donner de l'importance à une femme qui n'en vaut pas tant !

Ici elle est juste "l'espagnole".

Alors...

Qu'elle continue à jouer ses castagnettes de la méchanceté..

Qu'elle continue...

Mais sans moi...

Car, là, je l'ai vraiment dans mon collimateur...

Alors à quand donc le lâcher de taureau ?

Olé !

Liliane Langellier

Paquita !

Publié dans L'espiègle Lili

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