Le travail, c'est la santé !

Publié le par Liliane Langellier

"Le meilleur moyen de se payer un costard, c'est de travailler !"

Emmanuel Macron

Quand je lis un pinailleur sur Twitter qui vient de me saouler parce que j’ai osé écrire le mot « assisté » et qui ose me répondre –sans me connaître : « Arrêtez de parler d’assistanat au lieu de solidarité ! Tout le monde n’est pas en capacité de trouver ou d’exercer un emploi ! »

Solidarité de quoi ?

Solidarité de qui ?

Quand j’ai vécu ce que j’ai vécu depuis mon retour de l’hôpital…

Avec une plongée en direct dans le monde quotidien du R.S.A.

Oui, le R.S.A. que Zézette savait si bien mettre à jour sur son petit téléphone, alors qu’elle travaillait au noir et qu’elle souhaitait obtenir le 100 % d’invalidité pour ses pauvres épaules… Elle, qui repassait des panières entières de linge…

Pauvre Zézette !

Quand j’ai eu l’idée de lui demander ce que sa jolie nièce de 15 ans voulait faire plus tard et qu’elle m’a répondu « Avoir le R.S.A. ! »

Là, je me suis retenue de ne pas la saquer verbalement.

Juste à côté, les petites aides ménagères - avec leur travail difficile - touchent à peine le SMIC et ont peur de faire du noir pour ne pas se faire dénoncer par l'une d'entre elles. Plus grande gueule et mieux vue par la direction.

Monde cruel !

Je vous parle aussi de ce mec qui n’en fout pas une et qui vit en dealant du shit, que le Grand Secours juge bon d’aider à payer ses loyers de retard. Argent qu'il ne donnera pas à son bailleur mais recyclera dans la came !

Je vous parle de cette retraitée qui – économiquement faible - joue toute sa retraite aux grattages et aux tirages dès le premier jour du mois et reçoit les colis du Grand Secours…

Ou de celle qui se boit bières sur bières au PMU local et qu’il faut aider pour qu’elle ne coule pas davantage ?

Je sais bien qu'il faut aider les gens à s'en sortir...

Mais peut-être les diriger vers un psy pour libérer leur parole, ou les inscrire à des ateliers pour soigner leurs différentes addictions. Pas seulement les aider passivement, mais les aider activement à tenir debout par eux mêmes !

Je vous parle de ces Roms qui débarquaient dans la cour du Grand Secours avec des grosses voitures Audi ou Opel et pleuraient pour qu’on leur donne gratuitement les chaussettes pour leurs enfants…

J'avais demandé que l'aide ne soit pas seulement octroyée au vu de leurs papiers justificatifs mais à la suite d'une visite à domicile pour déterminer leur vrai train de vie sur le terrain.

Je vous parle de mes compagnons en psychiatrie à Dreux qui – sans boulot – étaient sapés comme des dieux avec uniquement des grandes marques et des malles de fringues ?

Je connais le système des "tombés du camion" mais je suis toujours aussi étonnée !

Vous pensez que je file un mauvais coton ?

Vous pensez que je deviens réac ?

Point du tout.

Mais ma petite barque, après une mise au chômage à 55 ans, veuve et sans aucune famille, il a bien fallu que je la mène…

Retour sur un parcours atypique…

Quand je suis arrivée en Eure-et-Loir l’été 1992, je ne connaissais personne dans le monde du travail.

Et puis j’ai travaillé sur l’affaire Seznec.

Gratuitement.

Oui, vous lisez bien : gratuitement.

En effet, pour moi, l’affaire Seznec était une « cause ».

Mais j’ai été bien inspirée de surfer sur la sortie du livre du petit-fils…

J’ai été bien inspirée d’écrire une page entière dans « L’Action Républicaine » - le journal de Maurice Viollette – sur « la piste de Lormaye » de 1928.

Ainsi, sans le savoir, je me suis fait connaître.

Sans le savoir, une fois de plus, toujours désintéressée, j’ai foncé tête baissée, pour promouvoir via les medias locaux, le livre de Denis Seznec.

Je me suis fait ainsi connaître de la radio catho locale « Radio Grand Ciel ». La plus écoutée du canton !

J’ai été reçue par le père Rambure, rédacteur en chef de la dite radio, qui m’a taclée en me rappelant que le « grand »journaliste chez les Langellier, c’était mon beau-frère aîné…

Mais qui a accepté que j’anime son émission « Tourne Page » avec Christiane Hieaux (l'épouse du maire de Dreux) sur le sujet « Les femmes dans l’affaire Seznec »…

Je venais ainsi de me faire connaître au sein de la famille Hieaux. Grosse banque drouaise. Et surtout famille dont le deuxième fils était président de la C.C.I. (Chambre de Commerce et d’Industrie) de Chartres.

Bertrand Hieaux cherchait une attachée de presse.

Et, recommandée par sa mère, j’ai eu très facilement le poste. Bien que j’ai dû passer des tests à Paris pour dissiper tout malentendu.

Côté presse, j’avais eu des contacts avec Philippe Cavard à L’Echo Républicain et Françoise Guignard à La République du Centre.

Si bien que, lorsque j’ai quitté la C.C.I. (parce que je m’y ennuyais à mourir, entre les ronds de jambes et les petits fours) Françoise Guignard a proposé de me pistonner pour être locale à La République du Centre…

Ils en cherchaient justement une locale, et dans mon canton qui plus est…

Mais, là…

Comme je bénéficiais du chômage, l’Assedic a refusé que je travaille à mi-temps car trop difficile de me sortir et de me rentrer dans les programmes ordinateurs !

De rage j’ai demandé un rendez-vous au directeur des Assedic d’Eure-et-Loir, et, bizarrement, tout a roulé pour moi !

Donc, vous me suivez : piges et chômage.

Mais je bossais, c’était l’essentiel !

Entre temps, fin 1994, j’ai bossé comme vendeuse chez Brocéliande, la meilleure librairie de Dreux. Que j’avais connue quand Denis Seznec est venu dédicacer son livre.

Et puis début 1995, je me suis décidée à suivre à la C.C.I. un stage d’attachée de direction trilingue. Car il me fallait bien gagner ma vie.

Dans le cadre de cette formation, nous devions trouver deux stages en entreprise. C’est ainsi que j’ai débarqué pour 15 jours chez Fillon Pichon à Faverolles et que j’y suis restée 7 ans !

Là, après un harcèlement moral insupportable, j’ai quitté l’entreprise.

J’avais déjà 55 ans…

La suite n’a pas été facile…

J’ai dû affronter à nouveau le chômage et un dossier de surendettement à la Banque de France.

Je me suis battue sur les deux fronts : mon procès avec mon employeur et mon surendettement.

J’ai gagné les deux.

J’avais, depuis l’an 2000, un père spirituel à Solesmes. Car j’étouffais dans ma petite paroisse… Et je filais chaque mois dans la Sarthe...

Ce moine était un fils Tequi. Aussi quand ils ont cherché une attachée de presse pour leurs bouquins, il m’a pistonnée. Et j’ai obtenu le poste pour 2004 une première fois et en 2005 pour la seconde.

Je suis allée jusqu’à Rome pour vanter les valeurs d’un livre de l’éditeur… Et j’ai été reçue par Mgr Poupard (ministre de la culture du Saint Père) au Vatican.

Après la seconde mission, je me suis battue pour obtenir un poste de garde-malade à l’ADMR (Aide à Domicile en Milieu Rural) de Maintenon. Dont l’une de mes amies était présidente.

Ils m’ont embauchée car j’avais – bénévolement –été hospitalière à Lourdes. Et que le contact avec les malades, je connaissais.

Vous avez bien lu : chaque fois que j’ai fait du bénévolat, cela a débouché sur un job !

Mais je ne me suis pas bloquée sur ma seule qualité de journaliste. J’ai toujours eu plusieurs cordes à mon arc et la folle résolution de m’en sortir !

Vous pensez que j’ai eu de la chance ?

Je ne crois pas.

Je me suis toujours engagée dans le bénévolat en relevant mes manches et sans rien attendre en retour.

Je sais donner sans recevoir.

Mais, chaque fois, même si le chômage m’a aidée au quotidien, je me suis bougée.

J’ai essuyé des refus mais ça ne m’a pas découragée.

Et puis je n’aime pas être assistée sans donner de moi-même en retour.

Vous comprenez mieux ma réaction sur Twitter maintenant ?

Quand je parle des « assistés » je sais ce dont je parle.

Et il serait grandement temps qu’un contrôle plus efficace soit mis en place pour éviter les fraudes.

Parce que, lorsque j’entends une gamine de 15 ans avoir pour ambition comme future profession, de gagner le R.S.A.

Parce que sa tante le touche et que ça parait tellement facile !

Sûre que….

Alors là, je vois rouge !

Liliane Langellier

Le travail, c'est la santé !
L'Action Républicaine du 10 novembre 1992

L'Action Républicaine du 10 novembre 1992

Première mission de presse chez Téqui

Première mission de presse chez Téqui

Seconde mission de presse chez Téqui

Seconde mission de presse chez Téqui

Hospitalière à Lourdes en 2004.

Hospitalière à Lourdes en 2004.

Publié dans L'espiègle Lili

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Langellier Liliane 24/02/2017 14:15

Ne pas oublier, que - malgré mon Bac+ 5 - ou grâce à - j'ai accepté des jobs d'interim qui m'ont permis d'obtenir un super job tant à Publicis Conseil qu'à L'Express !