Les absents ont toujours tort !

Publié le par Liliane Langellier

Décidément…

Décidément je n’en finis plus de découvrir des choses moches qui se sont déroulées pendant mon absence.

Moches. Très moches.

Et c’est à un petit objet que je dois ma dernière découverte.

Un petit nounours Harrods.

Avec un sweat à capuche rouge.

Un petit nounours qui sert de porte-clés.

Les clés que Zézette n’a pas eu le courage de me rapporter.

Et qu'elle a déposées chez Laurette avec un joli mensonge en cadeau…

Le problème de Zézette, c’est qu’elle m’a toujours sous-estimée !

Je rembobine le film.

Lundi  dernier, et bien lundi dernier elle est arrivée toute frétillante.

Pas une seule excuse pour la venue du Portugais violent sur ma petite terrasse…

J’ai  donc pris la parole.

Et je lui ai clairement dit – dans le plus grand calme – je lui ai clairement dit que si cet individu se pointait à nouveau sur ma petite terrasse, elle était immédiatement virée.

Comme d’habitude elle m’a sorti la litanie de sa sainte famille « Ma nièce… Ma sœur… »

Mais là…

Et oui là j’ai juste décoché :  « Laisse ta famille tranquille ! C’est à toi que je m’adresse ! »

Bien mal m’en a pris.

Tout s’est  déroulé très vite…

Elle s’est mise à hurler, mais hurler.

Elle est partie en claquant la porte fenêtre.

Que j’ai fermée immédiatement derrière elle.

Bien m'en a pris !

En effet, elle a fait trois pas jusqu’au bout de la terrasse…

Puis elle s’est retournée en furie.

La bouche déformée de haine.

Elle a violemment cogné – en hurlant – de ses deux poings sur la porte fenêtre.

J’étais statufiée…

J’étais statufiée… Et ce qui est moche c’est que je garderai d’elle cette affreuse dernière image.

Le tout – d’une extrême violence- n’a duré que trois minutes.

Assez cependant pour alerter la commère de notre petite résidence.

J’étais soufflée !

La plaie de ma tête vient à peine de se refermer et je n’ose penser à ce qui aurait pu m’arriver si petits poings rageurs s’étaient abattus sur moi.

On était donc lundi matin.

J’ai pris mon temps.

J'ai pris mon temps pour ne pas me décider sur le coup de la colère.

Je savais qu’elle ne reviendrait pas s’excuser et qu’elle mentirait pour s’en sortir.

J’ai laissé passer toute la journée du lundi…

Et toute la nuit.

Puis mardi matin j’ai décidé de la virer.

Et de la remplacer immédiatement.

Je lui ai envoyé un SMS très court pour qu’elle me restitue mon trousseau de clés en sa possession.

Bien sûr, toujours aussi lâche, elle est allée les restituer chez Laurette..

Elle est allée les restituer en mentant effrontément.

Mais comme le SMS fait preuve, alors…

J’en étais là…

J’en étais là quand hier soir je suis allée prendre l’apéro chez ma petite voisine d’en-face.

J’ai posé mon porte-clés en nounours Harrods sur la table…

Et d’un seul coup, en le regardant, j’ai dit : « Tiens au fait, toutes mes peluches ont disparu ! »

Ma voisine m’a alors raconté…

Un jour de grand nettoyage, Zézette et ses nièces avaient sorti toutes mes petites peluches sur ma table de jardin.

Comme elles se posaient la question de savoir comment les nettoyer...

Ma petite voisine les a entendues et leur a suggéré, pour les laver, de les passer en machine avec des balles de tennis.

Zézette avait peur qu’elles feutrent.

Elle avait peut-être peur qu’elles feutrent mais Zézette est une très grande collectionneuse de peluches devant l'Eternel….

Et elle avait certainement un plan.

Quand je suis rentrée après mes 4 mois d'hôpital, au bout de quelques jours...

Et bien au bout de quelques jours, je lui ai demandé où étaient mes peluches…

Elle a immédiatement accusé Laurette de les avoir jetées.

« Elle a jeté tant de choses ! »

A ce moment là, très précisément, et sans connaître la suite…

A ce moment là je me suis sentie très mal.

Bien sûr, ce n’était rien que des peluches…

Ce n’était rien peut-être pour les autres, mais pour moi chacune était un souvenir.

La jolie petite ourse Harrods en habits victoriens avait été rapportée lors de l’un de mes tout premiers voyages de jeune veuve à Londres.

Chouket et moi (enfin ce qui restait de moi) avions été hébergées chez Janet.

J’avais découvert Kew Gardens. Et bien sûr, j’étais allée chez Harrods.

Le petit nounours blanc était sur le lit de ma chambre à U.C.L.A.

Il portait un tee-shirt aux couleurs de l’université.

Il symbolisait toutes ces heures passées à étudier.

Le Garfield m’avait été envoyé par Chouket un jour de Noël.

Il y avait aussi un « Petit Prince » offert par un homme qui avait envie de devenir le mien…

De « Petit Prince ».

J’avais acheté le Mickey à la boutique de l’hôpital de Dreux, lors de ma première hospitalisation en 2009.

La petite marmotte m’avait été rapportée par Laurette de l’un de ses séjours aux sports d’hiver.

Que de jolis souvenirs !

Le petit animal en peluche est le symbole de l'affect. Il n'y a qu'à regarder les hommages du Bataclan en ce 13 novembre...

Seulement moi, comme j’étais passée pas loin de la mort, comme on pensait que je ne reviendrais jamais habiter chez moi...

Moi, on m’avait pillée.

On m'avait pillée et on m'avait enterrée un peu vite.

Avant l'heure !

Hier soir, je me sentais mal.

Même très très mal.

J’ai maudit Zézette.

Ses mensonges et ses vols…

Son manque de coeur et sa voracité pour l'argent.

Seulement voilà...

Moi, sans aucune famille, je suis la proie idéale…

Et puis selon l'adage "les absents ont toujours tort".

Ce matin, j’ai relevé la tête.

J'ai relevé la tête et j’ai supprimé illico presto la page Facebook que j’avais créée à Zézette…

Elle va pouvoir piquer une autre crise de rage.

Je n'en ai cure.

J'ai le coeur froid.

Et puis pour se consoler…

Et bien pour se consoler j’ai une chouette idée pour elle...

Une idée qui ne lui coûtera pas un rond...

Pour se consoler...

Et bien pour se consoler qu’elle aille donc pleurer dans mes chères petites peluches !

Liliane Langellier

Ma piaule à U.C.L.A. avec le petit nounours blanc.

Ma piaule à U.C.L.A. avec le petit nounours blanc.

Publié dans L'espiègle Lili

Commenter cet article