Abus de faiblesse

Publié le par Liliane Langellier

Bien sûr, il y a longtemps que je connaissais ces deux mots accouplés…

Abus :  quelqu’un abuse…

De faiblesse : de la faiblesse de l’autre.

J’en ai vu et revu depuis que j’ai quitté Paris pour la province.

A commencer par mes proches. Très proches.

C’est maman qui payait notre voisin pour l’emmener faire ses courses au bourg voisin.

Je l’ai découvert par hasard.

Elle me l’a avoué quand je voulais aller le remercier.

Elle le payait chaque vendredi matin pour ne pas surcharger mes week-ends.

Et grassement encore.

Mais papa ne pouvait plus conduire…

Et le voisin était si gentil pour eux !

C’est Mimi, une ancienne petite voisine.

Qui avait tendance à idolâtrer la dive bouteille.

Elle succombait régulièrement à des commerciaux en boissons alcoolisées diverses qui lui téléphonaient.

Là, y’a pas faute d’Internet !

Un jour que nous avions du l’hospitaliser d’urgence, nous avons trouvé sur sa table une facture de 400 euros de pinard !!!

Elle avait même conclu un marché pour recevoir des vitamines chaque mois pendant un an.

Là, on a quand même réussi à casser le contrat pour…

Abus de faiblesse.

Et puis, et puis il y a ceux qui sous prétexte de bonnes oeuvres s’en mettent plein les fouilles au passage.

Que dire de cette responsable d’un Club du Troisième Age qui programmait des annonces commerciales pendant les trajets des voyages.

« Achetez donc ce fauteuil relaxant… Il est cher… Mais on peut payer en plusieurs fois »

Au bout de combien de pigeons elle l’avait gratos, elle, son fauteuil.

Je parle « fauteuil » mais on peut étendre à tout ce qui peut satisfaire les seniors.

Grands écrans de télé,  chaînes hi-fi, collections de livres horribles à couvertures rouges en faux cuir, etc…

Un Eden pour commerciaux peu scrupuleux…

Cela prend parfois des formes plus sournoises…

C’est cette "barbie cassée" qui demande 15 € par jambe et par jour pour enfiler les bas à une grand-mère.

Sous prétexte que « l’infirmier quand il venait, lui, il se faisait payer… »

Ce sont celles qui font les courses et qui ne manquent pas de faire les leurs par la même occasion.

Sur le même chèque.

Plus la personne est seule et isolée, plus grands sont les risques.

C’est celle qui vient partager le dîner et engloutit jusqu’à plus faim.

« Mais vous comprenez, elle est contente, et quand je ne viens pas elle ne mange pas ! »

Plus grave mais encore d’actualité…

C’est la vieille dame qui, en pleine confiance, donne une procuration sur son compte à une femme qui la secourt.

Et qui perd plus de 2.000 euros dans l’opération.

C’est la même pilleuse de petits vieux qui se met en couple avec un grand père.

Le grand père a sa tête. Toute sa tête.

Mais la garce sait s’y prendre pour satisfaire encore ses besoins sexuels…

Alors il craque et lui refile sa carte bleue.

C’est à sa mort que sa famille s’en aperçoit. Et intime au curé l’ordre de ne pas admettre la voleuse aux obsèques.

Cela existe aussi dans l’autre sens.

C’est la « Tatie Danièle » locale…

Autoritaire et péremptoire .

Qui décide de donner un chèque d’étrennes à son auxiliaire de vie.

La jeune femme débute dans le métier mais, heureusement, elle en parle à ses collègues.

Qui la conjurent de refuser.

La grand-mère furieuse téléphonera à l’Association pour dire qu’elle a été volée.

Par celle-là même qui a refusé le chèque !

C’est l’aide soignante consciencieuse qui, en rentrant chez elle, veille à fermer chaque soir les volets de l’une de ses patientes.

La dame commence à perdre la tête.

Alzheimer.

Elle range tout partout et n’importe où.

Les enfants constatent un vol de bijoux.

Et accusent immédiatement l’aide soignante.

Elle s’en sortira après procès.

Après une bonne dépression, aussi.

Et puis…

Et puis c’est moi…

Pourtant avertie de tout ce que vous avez lu ci-dessus.

Souffrant – entre autres – d’un syndrome de Diogène – il a fallu ranger mon appartement.

Et nettoyer les dégâts de mes chats quand, après ma chute, je suis restée cinq jours et cinq nuits à terre.

Seulement voilà…

« Ma zézette à moi » elle, elle faisait son petit marché personnel à la maison.

De quoi monter un ménage à sa nièce qui s’y mettait d'ailleurs… En ménage.

Je n’ai d’abord pas très bien compris.

Non que je sois idiote ou perturbée, mais Zézette quand je lui demandais où se trouvait tel ou tel objet…

Et bien Zézette avait la réponse facile et uniforme.

C’était ma meilleure amie qui avait jeté.

Et bien que surprise je ne contestais pas.

Jusqu’au jour où…

Jusqu’au jour où j’ai compris ses combines crapuleuses.

Mieux vaut tard que jamais.

De profundis mon superbe service de porcelaine anglaise Mason’s.

Soi-disant jetées aussi les parures de lit que je réclamais.

Les nombreuses peluches rapportées du monde entier.

Les vêtements, les ustensiles de cuisine…

Les vases avec leur ravissement contenu de fleurs artificielles.

Achetées une à une et très cher...

Chaque jour la liste s’allonge.

Et là on a bien compris son petit manège.

Elle s’était vanté un jour d’être complètement nourri entre ce que je lui donnais et les repas que « la vieille » lui assurait.

La vieille l’a virée.

Et moi...

Et bien moi je réfléchis encore pour savoir si je vais porter plainte ou non.

Pour…

Et bien pour abus de faiblesse, bien entendu.

Liliane Langellier

Abus de faiblesse

Publié dans L'espiègle Lili

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A 18/11/2016 07:29

L'argent rend les gens fous...
De pauvres personnes qui méritent d'être punies ...Sans compter la peine et la déception.
On devrait savoir choisir notre entourage mais...