"Orgueil et préjugés" de Jane Austen

Publié le par Liliane Langellier

"Orgueil et préjugés" de Jane Austen

"Orgueil et préjugés" est de loin mon roman préféré de Jane Austen. Dont j'ai lu tous les autres romans. Mais j'ai une étrange prédilection pour l'indomptable caractère d'Elizabeth Darcy. Pour sa vivacité. Pour ses réparties. Pour son humour. Pour son ironie. Pour son indépendance d'esprit.

Dans un petit village de l'Angleterre sous George III, Mrs Bennet veut marier ses cinq filles (Jane, Elizabeth, Mary, Kitty et Lydia) afin de leur assurer un bel avenir. Lorsqu'un riche rentier arrive à Netherfield Park, elle espère vivement que ses filles sauront lui plaire, et qu'elle pourra marier l'une d'entre elles au nouveau venu. Malheureusement, ce rentier, Mr Bingley, est accompagné d'un très bon ami, qui, s'il est très riche, n'est pas un modèle d'amabilité envers la famille Bennet, et les autres voisins. L'orgueilleux Mr Darcy, voit d'un très mauvais oeil son ami s'éprendre de Jane Bennet, la plus âgée des soeurs, de peur d'un mariage malheureux. Elizabeth est l'héroïne de ce roman. « Elle est d'une vive intelligence, d'une sagesse éloignée de tout pédantisme qui lui permet de supporter sereinement et avec indulgence l'atmosphère provinciale étriquée dans laquelle il lui faut vivre. Son caractère naturellement gai la met en état de percevoir le côté humoristique ou grotesque de toute situation quelle qu'elle soit ». Elle suit avec attention l'évolution des sentiments de sa soeur préférée tout en faisant attention à l'officier Wickham, un militaire séduisant qui ne la laisse pas indifférente. Il lui faut aussi garder son sang froid devant le ridicule de Mr Collins, un cousin qui héritera de leur propriété de Longbourn à la mort de Mr Bennet. Cet homme, un pasteur, cherche malheureusement à prendre une épouse, comme le lui a conseillé Lady Catherine de Bourgh, sa protectrice. Miss Bennet ne manque pas d'un certain orgueil, ou plutôt d'un certain sens de la dignité qui lui impose de défendre son entourage. C'est pourquoi lorsque Darcy, l'ami de Bingley, considère avec quelque mépris les façons de faire de sa mère et de ses soeurs, elle dit : « Je pourrais facilement lui pardonner son orgueil s'il n'avait mortifié le mien ». C'est de là que naît le « préjugé » qu'elle a contre Darcy. Cela dit, Darcy n'a pas hésité à écarter Charles Bingley de Jane Bennet, lorsque celui-ci commença à avoir des pensées dépassant l'amitié à son encontre. En effet Darcy pensait que Jane était indifférente à son ami, et ne trouvait pas sa famille assez honorable. C'est en quelque sorte, un préjugé envers la famille Bennet, et plus particulièrement envers Jane et l'amour qu'elle éprouvait pour Mr Bingley. Pour toutes ces raisons, les deux héros ont de nombreux motifs pour se détester, Darcy ayant détruit le bonheur de Jane aux yeux d'Elizabeth, et celle-ci ne se montrant jamais agréable lorsque celui-ci lui adresse la parole. Mais Mr Darcy finira par s'éprendre secrètement de la jeune femme. Elizabeth Bennet aimera-t-elle Darcy ? En sera-t-elle aimée ? L'épousera-t-elle ? Il apparaît clairement qu'il n'y a en fait qu'un héros qui est l'héroïne, et que c'est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

in L'Express Culture.

Pour aller plus loin, n'hésitez pas à lire de M. Clément : "Le roman réaliste en Angleterre avec Jane Austen".

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