Les Halles de Paris. Mots. Odeurs. Images.

Publié le par Liliane Langellier

Je les ai toujours connues.

Je peux encore sentir leur étrange odeur de Juillet. Mélange humide et chaud. Juste un peu écoeurant. Parfums de fleurs et relents de viandes.

Je peux vous réciter les mots qui m'intriguaient : les forts, les diables, les placeuses.

Je peux aussi vous dire où Fernand tapait le carton en attendant que retentisse "la cloche" pour aller acheter. "Au manteau bleu". Petit café mangé par l'immense trou.

On se devait d'arriver pour 13 heures si l'on voulait trouver une place pour sa voiture. Que la placeuse surveillait. Et la cloche ne sonnait qu'à 17 heures. Soit, 4 heures à bader, ou à taper la belotte, ou...

C'était un monde. Un monde où tout le monde se connaissait. Un monde avec son vocabulaire. Un monde où il fallait être fort en gueule pour emporter la mise. Un monde où les mandataires s'enrichissaient sans scrupule.

C'était un monde. Un monde avec ses rites. Comme la prière à la statue de Sainte Rita. Dans l'église Saint-Eustache. Patronne des causes perdues. Mais aussi des dames qui battaient le pavé de la rue Saint Denis.

C'était un monde. Un monde où palpitait Paris. Sa vie. Ses mots. Ses odeurs. Ses gens.

Un monde.... Qui a disparu... Pas tout à fait... Puisqu'il est encore là, vibrant, sous mes mots... Et sous ses images...

Le plus beau livre de photos...

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A lire absolument...

A lire absolument...

Publié dans Sur la petite lucarne

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Szwec 26/09/2014 21:05

Moi, souvenirs ,souvenirs .
Quand les enfants qu'elle gardait avaient été sage,notre Nounou nous emmenait le jeudi matin aux Halles.
Tout un monde différent du mien se retrouvait dans un bistrot....les bouchers ,les volaillers,les uns en blanc plein de sang ,les autres en noir plein de plumes.Pour moi ,c'était la fête devant ma grenadine ,j'écoutais tout ce qui se passait autour de moi...il m'ait resté le goût du café du matin dans les bistrots....toujours aussi sympa de te lire