La Cerisaie de Anton Pavlovitch Tchekhov

Publié le par Liliane Langellier

La Cerisaie de Anton Pavlovitch Tchekhov

"La Cerisaie" de Tchekhov. L'une de mes pièces de théâtre préférées. Celle où l'on sent le mieux palpiter l'âme russe.

Cette pièce d'Anton TCHEKHOV se déroule à la fin du siècle dernier, en Russie.La cerisaie, verger enchanté et bruissant d'oiseaux, symbolise le bonheur aux yeux d'une famille de grands bourgeois ruinés par l'inconséquence de la mère, toujours en quête de bonheurs inaccessibles. Pour éviter la liquidation du domaine, grevé d'hypothèques, il suffirait de vendre la cerisaie. Mais personne n'y consent. Et c'est le fils d'un moujik, enrichi par un labeur opiniâtre, qui rachètera le domaine et qui fera abattre la cerisaie pour la convertir en terrain à bâtir. Un nouveau monde est en marche qui ne laisse plus de place à la rêverie.Cette pièce, réalisée par Jean Paul SASSY et produite par le Théâtre de France Odéon est conçue comme une suite de tableaux où l'atmosphère naît de l'état d'âme des personnages. Avec dans les rôles principaux Madeleine RENAULT, Jean DESSAILLY, Pierre BERTIN et Simone VALERE.

« Toute la Russie est notre cerisaie. La terre est vaste et belle, il y a beaucoup d'endroits splendides.
[Pause]
Imaginez, Ania : votre grand-père, votre arrière-grand-père, tous vos ancêtres possédaient des esclaves, ils possédaient des âmes vivantes, et ne sentez-vous pas dans chaque fruit de votre cerisaie, dans chaque feuille, dans chaque tronc, des créatures humaines qui vous regardent, n'entendez-vous donc pas leurs voix ?... Posséder des âmes vivantes - mais cela vous a dégénérés, vous tous, vivants ou morts, si bien que votre mère, vous, votre oncle, vous ne voyez même plus que vous vivez de dettes, sur le compte des autres, le compte de ces gens que vous laissez à peine entrer dans votre vestibule... Nous sommes en retard d'au moins deux siècles, nous n'avons rien de rien, pas de rapport défini avec notre passé, nous ne faisons que philosopher, nous plaindre de l'ennui ou boire de la vodka. C'est tellement clair, pour commencer à vivre dans le présent, il faut d'abord racheter notre passé, en finir avec lui, et l'on ne peut le racheter qu'au prix de la souffrance, au prix d'un labeur inouï et sans relâche. Comprenez cela, A
nia. »

Tirade de Trofimov, à la fin de l'acte II

Pour ceux qui veulent en savoir plus : France Culture.

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