"Rose" Tatiana de Rosnay

Publié le par Liliane Langellier

"Rose" Tatiana de Rosnay

Tatiana de Rosnay est l’un des auteurs les plus lus en Europe (traduite en 38 langues). Son précédent roman « Elle s’appelait Sarah » s’est vendu à plus de 3 millions d’exemplaires. Et a donné lieu à une remarquable adaptation cinématographique de Gilles Paquet-Brenner. Elle vient de publier « Rose » aux éditions E.H.O.


Tatiana de Rosnay est journaliste, écrivain et……. Franglaise. Avec un père français originaire de l’Ile Maurice et une mère anglaise née à Rome, Tatiana vous assène : « En fait, je me sens le plus confortable quand je suis dans le tunnel sous la Manche ! » Elle écrit en anglais, à la plume, dans un cahier, tôt le matin dans sa cuisine. C’est d’abord une conteuse. Elle aime les familles et leurs secrets, les maisons et leurs mémoires. « Elle a le sens du suspens des anglo-saxons et elle écrit comme un auteur français » déclare son éditrice Héloïse d’Ormesson.
Son dernier roman « Rose » met en scène un combat. Inégal. Celui d’une veuve douce et fragile. Agée d’une petite soixantaine en 1868. Et de « l’Attila de la ligne droite », le tout-puissant baron et préfet Haussmann. La maison de Rose, rue Childebert, à l’ombre de l’église Saint Germain des Prés, se trouve pile poil sur le tracé du futur boulevard.
Tatiana bûche ses romans comme on bûche un concours d’entrée aux Grandes Ecoles. Pour « Rose », elle s’est inspirée des tableaux de Gustave Caillebotte, des photos de Charles Marville et du livre de Zola : « La Curée ». Elle a passé des heures à la Bibliothèque Nationale à compulser des lettres de demandes d’expropriation. « Il faut savoir, dit-elle, que ce sont trente rues qui ont sauté en 17 années quand Georges-Eugène, le baron éventreur, a décidé de percer le boulevard Saint Germain. »
Elle ajoute, pleine d’humour : « <le Second Empire était déjà bling-bling. Il suffit de voir les toilettes de l’impératrice Eugénie ! » C’est vrai, d’un côté, les gens sortaient le soir, se promenaient sur les grands boulevards, s’attablaient aux terrasses des cafés. Le Paris de la Belle Epoque, en quelque sorte. Alors que, d’un autre côté, c’était la douleur des expropriations. Les marchandages humiliants. Le chagrin des départs.
Et c’est bien cette dualité que l’on retrouve tout au long de ce roman. La fragile « Rose » est en fait une jusqu’au-boutiste. Ce que l’on découvre peu à peu à travers les lettres qu’elle écrit à feu son mari, Armand Bazelet. Dont elle défend bec et ongles la maison. Elle lui conte par de menus détails – menues épines dans sa tendre chair – son combat quotidien : »Je vous écris ces mots, assise dans la cuisine vide ».
Jamais, jamais Rose n’abdiquera. A vous le bonheur de découvrir sa lutte…


Liliane Langellier

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Stephie 24/08/2014 09:47

Un excellent souvenir de lecture en ce qui me concerne ;)